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Tome premier.
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387
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1803. 387

* l’ordre de Saint-Jeaii-de-Jérusalem. Les forces de S. M. Britannique« évacueront l’île et ses dépendances pendant les trois mois qui sui-« vront l’échange des ratifications.... S. M. Sicilienne sera invitée à four-« nir deux mille hommes natifs de ses états, pour servir de garnison« dans les différentes forteresses desdites îles. — Art. 12. Les évacua-« tions, cessions et restitutions stipulées seront exécutées.... pour le« continent et les mers d’Amérique et d’Afrique , dans les trois mois.... »

Les ratifications avaient été échangées à Paris , le 18 avril, et sixmois après, le 16 octobre, le général anglais Stuart, sommé, en Égypte ,par le colonel Séhastiani, d’évacuer la ville d’Alexandrie , lui déclaraitqu’il n’avait aucun ordre de quitter cette place, et qu’il comptait même y pas-ser l’hiver. La même conduite eut lieu pour Malle, dont le gouverneurJ. Bail répondit, le 2 mars 1803, au commandeur de Bussy, chargédes pouvoirs du grand maître, que du moment où il se croirait autorisé àremettre le gouvernement, il lui en donnerait connaissance. Quant à la re-mise du cap de Bonne-Espérance aux troupes bataves, elle devait êtreeffectuée le I e ’’janvier 1803; mais le 31 décembre, pendant que les An-glais s’embarquaient, l’arrivée d’une frégate anglaise changea tout àcoup leurs dispositions ; ils rentrèrent dans les forts, à la vue de lagarnison et de la flotte hollandaise, dont les chefs furent obligés, pourconstater ce manque de foi, de souscrire une capitulation. Une capitu-lation en temps de paix! s’écrièrent avec raison les journaux français ; etcette étrange violation devint un nouveau sujet de plainte contre l’An-gleterre. Il en avait été de même pour la restitution à la France de Filede Gorée, sur la côle du Sénégal . Du 30 octobre au 30 janvier, le gé-néral Blanchet ne put parvenir à décider le colonel anglais Fraser àévacuer ce poste important.

Voilà comment l’Angleterre exécutait le traité d’Amiens . Il n’en fal-lait sans doute pas davantage pour déclarer des deux côtés ce traitérompu par le fait. Aussi les journaux des deux nations se livrèrent auxplus violentes hostilités. Dans ceux de la Grande-Bretagne, les passionsministérielles s’exprimèrent sans ménagement; un procès public y futInstruit contre l’ambition du premier consul. On n’oublia aucune récri-mination ancienne, aucun grief récent ; on invoqua le traité de Luné-ville en condamnation des envahissements politiques et territoriaux dela France . Le Moniteur répondit que l’Angleterre, ayant refusé de re-connaître les républiques helvétique , italienne et ligurienne, et le roi

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