HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4803. 395
Dulauloy se mit en marche avec ses dix-huit pièces d’artillerie pouraller canonner la tète de pont, qui en comptait soixante. La régenceavait déjà fait une démarche inutile pour éviter l’armée française ; elleenvoya une seconde députation aux avant-postes, et sollicita une sus-pension d’armes, annonçant en même temps des propositions avanta-geuses. Mortier répliqua qu’il n’accepterait que l’occupation immédiatede l’électorat, et la remise des places fortes. Pour obéir à cette demande,on livra tout le pays aux Français , ainsi que les magasins militaires etles revenus de l’état. Le 5, Mortier entra à Hanovre , où il recueillit,ainsi qu’à Nienbourg, Hameln et Zell, d’immenses approvisionnementsde guerre. Cinq cents bouches à feu, quarante mille fusils, et les fondspour la solde de l’armée, furent les fruits de cette campagne de dix jours.Deux divisions eurent l’ordre de s’emparer des bâtiments anglais quipouvaient se trouver sur l’Elbe et sur le Weser. Le duc de Cambridge s’embarqua en toute bâte, avant que le général Frère se rendît maîtredes bouches de l’Elbe . Le général Walmoden, ayant remplacé le duc deCambridge au commandement en chef, était allé attendre au delà del’Elbe , à La^vembourg, avec la régence, la ratification de la conventionde Sühbngen.
Cependant l’invasion du Hanovre donna lieu à une lettre par laquelleM. de Talleyrand ouvrait encore à l’Angleterre une facibté de rétablirla bonne harmonie ; il y était dit : que le premier consul n’avait eu en vueque d’obtenir des gages pour l’évacuation de Malle, et de travailler à accomplirl’exécution du traité d’Amiens , et qu’il attendait la ratification du roi d’An-gleterre pour ratifier la convention de Sülilingen. Lord Ha'wkesburydéclara avec hauteur que le roi, en sa qualité d’électeur de Hanovre , enappelait à l’Empire qui avait garanti sa neutralité. Ainsi c’était encorepar la guerre que répondait le cabinet britannique. Alors le généralMortier écrivit au feld-maréchal Walmoden que, le 30 juin l’armisticeserait rompu , à moins que l’armée hanovrienne ne mît bas les armes,e t ne consentît à être envoyée en France comme prisonnière de guerre.Walmoden refusa ces humiliantes propositions, et les hostilités recom-mencèrent. L’Elbe , qu’il fallait franchir, était maintenant le champ debataille. Les Hanovriens se fortifièrent sur la rive droite , et Mortier fitAssembler un grand nombre de bateaux pour effectuer le passage dufleuve. Le 4 juillet, au moment où nous albons le tenter, une nouvelleNégociation vint prévenir l’effusion du sang. La modération du général