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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1803.

« .... Jamais, dit-elle, la France ne reconnaîtra dans aucun gouver-nement le droit d’annuler, par un seul acte de sa volonté, les stipula-tions d’un engagement réciproque. Si elle a souffert que, sous desformes qui annonçaient la menace, on lui présentât un ultimatum verbalde sept jours, un ultimatum de trente-six heures, et des traités conclusavant d’être négociés, elle n’a pu avoir d’autre objet que de ramenerle gouvernement britannique par l’exemple de la modération.... »

Cependant la rupture n’était pas officiellement déclarée ; mais l’agres-sion eut lieu de la part de l’Angleterre : deux bâtiments français furentcapturés dans la baie d’Audierne. Alors les représailles de la France éclatèrent, et le premier consul déclara prisonniers de guerre tous lesAnglais âgés de dix-huit à soixante ans alors en France , pour répondredes Français qui auraient été pris avant la déclaration de guerre. Leparlement avait reçu le message royal, le sénat reçut le message con-sulaire; il se terminait ainsi : «.... Le gouvernement s’est arrêté à laligne que lui ont tracée ses principes et ses devoirs : les négociationssont interrompues, et nous sommes attaqués. Du moins nous com-battrons pour maintenir la foi des traités et pour l’honneur du nomfrançais . »

La France répondit aux hostilités maritimes de l’Angleterre par desattaques territoriales. Le 24 mai, commença la promenade militaire dugénéral Mortier, qui, avec une armée de quinze mille hommes qu’ilcommandait en Hollande, entra dans l’électorat de Hanovre . Une pro-clamation du roi d’Angleterre, du 16, ordonnait la levée en masse deses sujets allemands , sous peine de perdre leurs biens et le droit d’hériter,et annonçait le duc de Cambridge , qui venait se mettre à leur tête.Cette proclamation servit plus tard de modèle aux Russes pour soule-ver, en 1813, toute l’Allemagne contre Napoléon . On eut tort de repro-cher aux barbares du Nord leur proclamation ; elle était, comme leurconfédération, de fabrique anglaise. Mais, malgré la pressante invitationde Georges III à ses fidèles sujets du Hanovre , elle n’empêcha pasMortier d’être le 2 juin à Sühlingen, après avoir culbuté l’ennemi prèsde Borstel, et de menacer la tète du pont de Nienhourg sur le Weser.Le général avait aussi répondu par une proclamation à celle du roid’Angleterre, et déclaré aux Hanovriens, qui ne comprirent rien à cettecompensation, que les Français s’emparaient de leur pays parce quel’Angleterre gardait Malte contre la foi des traités. Le 3, le général