AU HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1801.
autres le général Dumouriez. Aussitôt Bonaparte , déterminé, non-seule-ment par les trames qu’à la même époque Drake et Spencer Smith our-dissaient contre lui, mais encore, et plus fortement sans doute, parla déclaration si positive de Georges Cadoudal , qu’il attendait l’arrivéed’un •prince français pour attaquer le premier consul, saisi en outre de l’ideedont, depuis plusieurs jours , l’obsédaient des rapports de police, quele duc d’Enghien devait pénétrer en France du côté de l’est au momentde l’explosion de la conspiration , et le duc de Berri du côté de l’ouest ;se rappelant aussi les papiers trouvés dans les fourgons du généralautrichien Klinglin, en 1797, et les deux lettres de Moreau au direc-toire qui faisaient mention du duc d’Enghien, Bonaparte prit à l’instantla résolution , comme il le dit depuis à Sainte-Hélène, de renvoyer laterreur à ses ennemis jusque dans Londres . Il convoqua le conseil desministres, et l’ordre suivant fut donné à celui de la guerre :
« Vous voudrez bien, citoyen général, donner ordre au général Or-dener, que je mets à cet effet à votre disposition, de se rendre dans lanuit en poste à Strasbourg : il voyagera sous un autre nom que le sien ;il verra le général de division. Le but de sa mission est de se porter surEttenheim, de cerner la ville, d’y enlever le duc d’Enghien, Dumou-riez, un colonel anglais , et tout autre individu qui serait à leur suite.Le général de la division, le maréchal des logis de gendarmerie qui aété reconnaître Ettenheim , ainsi que le commissaire de police, lui don-neront tous les renseignements nécessaires. Vous ordonnerez au généralOrdener de faire partir de Schelestadt trois cents hommes du 26" dedragons, qui se rendront à Rheinau , où ils arriveront à huit heures dusoir. Le commandant de la division enverra quinze pontonniers à Rhei-nau, qui arriveront également à huit heures du soir et qui, à cet effet,partiront en poste ou sur les chevaux de l’artillerie légère. Indépen-damment du bac, il se sera déjà assuré qu’il y a quatre à cinq grandsbateaux, de manière à faire passer d’un seul voyage trois cents chevaux.Les troupes prendront du pain pour quatre jours et se munirontde cartouches. Le général de division y joindra un capitaine ou officier,et un lieutenant de gendarmerie, et trois ou quatre (trentaine) brigadesde gendarmerie. Dès que le général Ordener aura passé le Bhin, il se