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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.le pillage et l’incendie des arsenaux, celui des magasins à poudre ; enlivrant soit Strasbourg, soit Huningue, soit Besançon ; enfin en opérant,n’importe par quels moyens , la destruction de Bonaparte .... Il ne s’a-gissait plus, depuis l’emprisonnement de Pichegru et de Moreau, quede trouver un chef militaire qui pût jouer le rôle de Monck . Tellesfurent sommairement les preuves qui résultaient des instructions et despouvoirs donnés par Drake et Méhée. Chose remarquable ! les ma-nœuvres des affidés de ce ministre, antérieures à la mission de Méhée,avaient déjà produit une association de la part de quelques Jacobinsqui préféraient, dit-on, le retour de la famille royale à la continuationde ce qu’ils appelaient la tyrannie de Bonaparte .

Cependant M. Drake ignorait complètement le passage de Méhée sousles drapeaux de la police de Paris , ainsi que son arrestation. Sous ladictée de cette police et sous les yeux du citoyen Shée, préfet du Bas-Rhin à Strasbourg , Méhée commença sa correspondance avec le ministreanglais , comme si, parvenu à sa destination, il s’occupait d’accomplirles projets dont il était chargé. Drake, dans ses réponses, se livra avecle plus grand abandon , tant il se croyait certain du succès, d’après leslettres qu’il recevait. Méhée lui écrivit enfin qu’il avait découvert ungénéral français , capable de se mettre à la tète de l’insurrection ; onenvoyait en même temps à M. Drake un officier intelligent, et qualifiéd’aide de camp du général conspirateur. Cet officier, appelé Rosey, seprésenta chez M. Drake qui l’accueillit parfaitement ; on lui parla avec laplus grande confiance : il revint même rapportant des bases arrêtéespour l’exécution du complot, ainsi que des lettres pour le soi-disant gé-néral, lequel, par prudence, n’avait pas voulu être nommé. Il résultade cette mission, si heureusement remplie, une nouvelle correspon-dance très-active entre M. Drake et le prétendu général. Le capitaineRosey fit deux voyages à Munich et à Stuttgard ; M. Drake l’adressa àson collègue Spencer Smith, qui devait lui fournir un complément defonds destinés à solder les troubles intérieurs. De retour de ce derniervoyage avec une somme d’environ 130,000 francs en or, l’officier ladéposa entre les mains du préfet du Haut-Rhin.

Voilà où en était cette seconde machination britannique, lorsqu’unrapport de gendarmerie , remis directement au premier consul à la Mal-Maison , lui apprit que le duc d’Enghien, résidant à Ettenheim , dansle grand-duché de Bade, y avait réuni beaucoup d’émigrés, et entre