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Tome premier.
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UG HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1804.

par un courrier extraordinaire de l’état des choses. Vous ordonnerez defaire arrêter le maître de poste de Kehl et autres individus qui pourraientdonner des renseignements sur cela.

« Bonaparte . »

Il est difficile de ne pas reconnaître dans une pareille instruction,où tout est si diligemment prévu, si minutieusement prescrit, le carac-tère d’une de ces résolutions dont l’éxécution est inexorable. Plus d’unefatalité concourut à tromper le premier consul et à perdre le duc d’En-ghien. D’abord les gendarmes alsaciens , en raison de leur prononciation,avaient fait le général Dumouriez du général Thumery, attaché au prince,erreur qui accréditait, touchant le séjour du duc d’Enghien à Etten-heim, le bruit d’un rassemblement hostile, coïncidant avec les com-plots et les lettres de Drake, avec les tentatives et les déclarations deGeorges. En second lieu, il ne faut pas oublier l’empressement extra-légal de la gendarmerie à remettre directement au premier consul lerapport de son espionnage à Ettenheim , au lieu de s’adresser au con-seiller d’état Réal, exclusivement et spécialement chargé par Bonaparte de tous les renseignements et de toutes les recherches relatives aux con-spirations.

Caulaincourt et Ordener reçurent leurs ordres du ministre de laguerre, en vertu de ceux du premier consul.

Cependant, comme les opérations confiées aux généraux Caulaincourtet Ordener devaient s’accomplir en pays étranger et ami, M. de Talley-rand, ministre des relations extérieures, accrédita leur mission par unelettre au ministre de l’électeur de Bade, et laissa à Caulaincourt le soinde la lui faire parvenir. La lettre de Talleyrand au baron d’Edelsheimachève de découvrir la conduite suivie par le gouvernement français àEttenheim et Offenbourg .

« Monsieur le baron, je vous avais envoyé une note dont le contenutendait à requérir l’arrestation du comité d’émigrés français siégeantà Offenbourg , lorsque le premier consul, par l’arrestation successivedes brigands envoyés en France par le gouvernement anglais , commepar la marche et le résultat des procès qui sont instruits ici, reçut con-naissance de toute la part que les agents anglais à Offenbourg avaientaux terribles complots tramés contre sa personne, et contre la sûretéde la France . H a appris de même que le duc d’Enghien et le général