HISTOIRE DE NAPOLEON . — 4804. 417
Dumouriez se trouvaient à Ettenheim ; et comme il est impossible qu'ilsse trouvent en cette ville sans la permission de S. A. E., le premierconsul n’a pu voir sans la plus profonde douleur, qu’un prince auquelil lui avait plu de faire éprouver les effets les plus signalés de son amitiéavec la France , pût donner un asile à ses ennemis les plus cruels, etleur laissât ourdir tranquillement des conspirations aussi inouïes. Àcette occasion si extraordinaire, le premier consul a cru devoir donnerà deux petits détachements l’ordre de se rendre à Offenbourg et àEttenheim , pour y saisir les instigateurs d’un crime qui, par sa nature,met hors du droit des gens tous ceux qui manifestement ij ont pris part. C’estle général Caulaincourt qui, à cet égard, est chargé des ordres du pre-mier consul : vous ne pouvez douter qu’en les exécutant, il n’observetous les égards que S. A. peut désirer. II aura l’honneur de remettre àY. E. la lettre que je suis chargé de lui écrire.
« Ch.-M. Tatxeyraa’d. »
Cette lettre, écrite le 11 mars, remise le 12 à Caulaincourt, ne par-vint au ministre de Bade qu’après l’enlèvement du duc d’Enghien, quieut lieu dans la nuit du 14 au 15. Elle n’était pas destinée à prévenirce ministre de la violation du territoire badois, puisque Caulaincourt avait ordre de ne la lui envoyer qu’après l'accomplissement de sa mis-sion à Offenbourg , laquelle devait s’exécuter, et s’exécuta en effet, enmême temps que celle d’Ettenheim . Il devenait donc absolument im-possible que le duc d’Enghien et la baronne de Reich pussent être aver-tis par le ministre de Bade ; ce qui serait nécessairement arrivé si lebaron d’Edelsheim eût reçu la lettre de M. de Talleyrand avant l’inva-sion des bailliages d’Offenbourg et d’Ettenheim par les troupes fran-çaises.
Le lendemain 16, immédiatement après la réception de cette lettre etla connaissance qu’il dut avoir des événements d’Offenbourg et d’Et-tenheim , le gouvernement badois se contenta de publier un décret con-tre le séjour des émigrés dans ses états. Ce décret renfermait le passagesuivant :
« Le gouvernement français venant de requérir l’arrestation de cer -« tains émigrés dénommés, impliqués dans le complot tramé contre la consti-« tution, et une patrouille militaire venant défaire l’arrestation des personnes« comprises dans cette classe, le moment est venu où S. A. E. est obligée
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I.