Band 
Tome premier.
Seite
431
JPEG-Download
 

431

HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.rédité les frères de l’empereur, Joseph et Louis, nommés princes im-périaux. On s’étonna que Lucien, qui avait contribué si puissammentau succès de la terrible journée de Saint-Cloud , le 19 brumaire, en saqualité de président du conseil des Cinq-Cents , qui depuis avait étéministre, ambassadeur, ne fit pas plus que son frère Jérôme partie dela ligne d’hérédité. Suivant le bruit pubüc, Lucien, franchement répu-blicain , avait refusé pour lui-même ce qu’il ne consentait pas à recon-naître pour son frère. Quant à Jérôme, il était disgracié comme ayantcontracté un mariage en Amérique sans le consentement du premierconsul. La proclamation du sénatus-consulte annonça à la France unequatrième dynastie, la formation des collèges électoraux, la créationd’une haute cour impériale et l’institution des grandes dignités del’empire.

Napoléon nomma grand électeur le prince Joseph; connétable, leprince Louis; archichancelier, M. Cambacérès; et architrésorier,M. Lebrun.

Le même jour, Napoléon paya un noble tribut à l’armée en conférantle grade de maréchal de l’empire à dix-huit généraux qui devaient leurillustration à la cause de la liberté : c’étaient Alexandre Berthier , Murat,Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte , Soult, Brune,Lannes, Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellermann, Lefebvre,Périguon et Serrurier. Il regretta vivement, sans doute, de ne pouvoirappeler au même honneur ses deux compagnons d’Égypte , Kléber etDesaix, et le vieux Dugommier, avec lequel il avait pris Toulon .

On a vu, dans la guerre d’Italie, quels égards, quels hommages legénéral en chef prodigua au souverain pontife. Peu de jours avant sonélévation à l’empire, Bonaparte avait fait présent au pape du brick LeSaint-Pierre. Aussi, à l’avénement de Napoléon , le clergé s’empressa dele saluer de tous les titres que les livres saints purent fournir à sapédantesque adulation. Le nouvel empereur devint le nouveau Cyrus,le nouveau Moïse rappelé des déserts de l’Égypte , le nouveau Mathiasenvoyé par le Seigneur, le pieux Onias, le nouveau Josaphat, etc....L’Église devait cette reconnaissance à l’auteur du concordat de 1801.Mais les affaires avec la cour de Rome donnèrent par la suite beaucoupd’embarras à Napoléon : c’est ce qui lui fit dire au célèbre Fox : J’au-rais eu moins de peine à établir en France La confession d’Augsbourg. Cesparoles prouvent que Napoléon ne comprit pas, ou ne voulut point