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Tome premier.
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442 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.

qui prononça, au 18 brumaire, cette espèce de sentence, si hautementdémentie par les faits : La constitution est placée sur l’autel du dieu Terme,dit à Napoléon : Le vaste miroir du passé est la leçon de l’avenir. On doitaussi remarquer dans cette circonstance la fin de la réponse de l’Empe-reur : Nos descendants conserveront longtemps ce trône. Ils ne perdrontjamais de vue que le mépris des lois et l’ébranlement de l’ordre social ne sontque le résultat de la faiblesse et de l’incertitude du prince.

Le lendemain, par le froid le plus rigoureux, la cérémonie eut lieudans l’église de Notre-Dame . La bizarrerie de la pompe pontificale con-trastait singulièrement dans le cortège avec l’éclat de la pompe impé-riale. Le pape sacra Napoléon et Joséphine en présence des princes dela maison impériale, des membres du sacré collège, des prélats français ,de tous les ordres de l’état, du corps diplomatique et d’une députationde la république italienne. Mais à peine le pontife eut-il béni la cou-ronne, Napoléon la saisit, la plaça sur sa tète et couronna lui-mômel’Impératrice. Cette scène est d’hier, et n’appartient déjà plus à notreâge. On craint presque de se reconnaître contemporain d’événementssi étrangers aux temps actuels. La majesté de l’histoire doit aussi setrouver blessée de ce que la vie ordinaire des hommes soit suffisantepour voir naître, triompher et disparaître ses plus grandes renomméeset ses plus grandes révolutions. Depuis le 2 décembre 1804, les foudresdu Vatican ont perdu leur force, et il n’y a plus dans le monde quel’excommunication politique. Celle-ci reste aux mains du monarque quele pape s’est empressé de venir sacrer, et qui s’est couronné lui-môme ;mais les foudres du Vatican dorment et ne s’éteignent point.

Le second jour des fêtes du couronnement, une belle solennité mili-taire, la distribution des aigles, rassembla toutes les troupes au champde Mars : « Soldats, dit alors Napoléon , voici vos drapeaux ; ces aiglesvous serviront toujours de point de ralliement : elles seront partout oùvotre empereur les jugera nécessaires pour la défense de son trône etde son peuple. »

Le même jour, 3 décembre, M. Pitt, tout récemment appelé auministère comme le seul adversaire que l’on pût opposer au plus redou-table des ennemis delà Grande-Bretagne, signait le traité de Stockholm ,et payait un subside à la Suède pour qu’elle agît hostilement contrenous. Peu de jours après, l’Angleterre essayait, à l’aide d’une machineinfernale, de faire sauter le fort Rouge de Calais ; elle ne fut pas plus