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Tome premier.
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441
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1804. 441

reçut à Mayence l'électeur de l’empire germanique, le margrave doBade, et plusieurs princes possessionnés sur le Rhin . Pendant ce pre-mier séjour à Mayence , déjà occupé d'un système de la confédérationdu Rhin avec la France, Napoléon prépara, dans ses entretiens avec cesprinces, la dissolution de l’empire germanique. Il leur fit entendrequ’ils n’avaient plus rien à espérer de l’empereur d’Autriche , tandisqu’ils pouvaient tout attendre de lui; il leur promit même, aux dépensde l’Autriche , des accroissements de territoire et de puissance, dont ilsaurait garantir la possession. Quelques engagements dont le résultatdevait être prochain répondirent à ces confidences, auxquelles le ca-ractère de Napoléon et les forces de l’empire français donnaient uncrédit absolu.

De Mayence Napoléon alla à Luxembourg . Il marqua sa présence, ausein des principales villes des départements du Rhin , par d’importantesdispositions, relatives soit au bien-être des habitants et à l’encourage-ment de leur industrie, soit au perfectionnement du système généralde défense des frontières, dans les places fortes assises sur la barrièredu Rhin . A cette époque remontent aussi le décret d’organisation del’École des ponts et chaussées, et celui qui détermina l’établissement dedouze écoles de droit. Après trois mois dabsence, Napoléon revoitSaint-Cloud le 12 octobre, et les apprêts du sacre sont ordonnés.

Le 17 du même mois, un décret convoque le corps législatif pourassister à cette cérémonie. Le 9 novembre , le saint-père a quitté la capi-tale du monde chrétien ; le 18, il arrive à Lyon ; le 23, Sa Sainteté estreçue par l’Empereur à Fontainebleau ; le 28, les deux souverains serendent ensemble à Paris .

Le 1"' décembre, le sénat présente à Napoléon le vœu du peuple enfaveur de l’hérédité à l’empire dans sa famille. Un sénatus-consulte aproclamé ce plébiscite. Soixante mille registres avaient été ouverts dansles cent huit départements : sur trois millions cinq cent soixante-qua-torze mille huit cent quatre-vingt-dix-huit votants, deux mille cinq centsoixante-neuf votes étaient négatifs. Cette minorité, purement répu-blicaine , et qui s’affaiblit encore peu de temps après, prouva suffisam-ment que la nation, ayant tout à fait changé ses mœurs, adhérait avecsincérité au gouvernement de l’homme qui avait trouvé en lui seul assezde forces pour opérer une pareille révolution. Le sénateur François deNeufchàteau , investi du privilège des harangues solennelles, le même