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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1804. 443

heureuse qu’un mois auparavant, quand l’amiral Keith, avec cinquante-deux voiles et douze brûlots, avait voulu incendier le port et la flottillede Boulogne. Mais ce gouvernement se vengeait, par la plus despotiquetyrannie, de son impuissance contre la France , sur notre fidèle allié :le 9 octobre, sans déclaration de guerre, l’amiral More osa soumettreau droit de visite quatre frégates espagnoles qui revenaient d'Amérique à Cadix chargées des trésors du Mexique . Les frégates repoussèrentcourageusement cet attentat, et soutinrent un combat plus qu’inégal,dans lequel trois d’entre elles furent prises et la quatrième sauta. Noncontentes de ces violences, les flottes anglaises brûlaient les navires ducommerce dans les ports de la Péninsule, et détruisaient les convois,pendant que l’ambassadeur espagnol, le chevalier d’Anduagna, résidaitencore auprès de la cour de Londres . Une pareille violation du droitdes gens, exercée envers une nation en paix avec la Grande-Bretagne,a justement révolté le gouvernement espagnol , qui, le 12 décembre,lui déclare la guerre par un manifeste de la plus haute énergie. Ainsidonc, si l’Angleterre a su se fortifier, dans le Nord , de l’alliance offen-sive de la Suède, peu redoutable pour la France , la France voit s’unirà son pavillon les soixante-cinq vaisseaux de ligne que l’Espagne possèdeencore. Une armée est en marche pour aller occuper le camp de Saint-Roch et menacer Gibraltar, Napoléon , apprend dans le même momentque la cour de Vienne , sous le prétexte d’augmenter le cordon sanitaireétabli contre la fièvre jaune qui désole la Toscane , vient de renforcer desix régiments son armée d’Italie ; cette invention autrichienne deviendratraditionnelle pour les cabinets.

L’année, la mémorable année 1804 , se termina par l’ouverture ducorps législatif. On applaudit à ces mots du discours de l’Empereur : Jene veux pas accroître le territoire de l'empire, mais en maintenir l’intégrité.Dans l’exposé de la situation de l’empire, le ministre de l’intérieurdéclara : que la France n'accepterait pas d'autres conditions que celles dutraité d'Amiens . L’Angleterre le savait bien, et elle avait brisé ce traitéqui donnait la paix au monde sous l’égide de la France . L’Angleterreentendait la paix comme la liberté des mers, en exerçant un droit devisite sur les cabinets comme sur les vaisseaux. Pour parvenir à ce but,il fallait tuer la France et Napoléon.