CHAPITRE III.
1805.
Rupture avec la Russie . — Lettre de l’Empereur au roi d’Angleterre. — NapoVon roid’Italie; couronnement à Milan. — Réunion de la Ligurie à la France . — L’Angleterre,la Russie, l’Autriche déclarent la guerre à la France . — Bataille des trois empereurs àAusterlitz . — Paix de Prcsbourg. — Bataille navale de Trafalgar.
A la fin de 1803, l’empereur Alexandre s’était offert à Napoléon pour intermédiaire entre la France et l’Angleterre ; mais en lui deman-dant d’évacuer la Hollande , l’Italie et la Suisse , comme un gage del’acceptation de cette médiation, ce prince ne pouvait être écouté.Napoléon avait consenti à ce qui lui était possible, à évacuer l’Helvétie;et, dans le but de la paix , il avait proposé un armistice et un congrès.Le cabinet de Londres était allé plus loin encore que la Eussie ; il avaitexigé l’évacuation du Hanovre , avant d’admettre la médiation russe.On n’aurait point traité plus durement un ennemi vaincu. La Eussiepersévérant dans son système, l’ambassadeur Markoff avait quitté Paris ,où M. d’Oubril était resté en qualité de chargé d’affaires. Cette réso-lution avait encore eu pour motif l’inutilité des démarches du cabinetrusse afin d’obtenir de la France l’indemnité promise au roi de Sardaigne pour le Piémont , en vertu du traité du 11 octobre 1801. La Eussie,d'un autre côté, persistait à occuper la république des Sept-Iles, malgréles stipulations de cette époque. Enfin la violation du territoire de Badeet le meurtre du duc d’Enghien avaient totalement altéré le reste d’in-telligence qui subsistait encore entre Paris et Pétersbourg ; ou plutôtles événements servirent de signal au changement total de système del’empereur Alexandre, livré à la politique britannique. L’avènement