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Tome premier.
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453 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1805.

eût incontestablement fait réussir le projet de descente en Angleterre.Cette conception porte avec elle le cachet de son auteur, qui en trans-mit de sa main toute l’instruction au ministre de la marine. L’amiralGantheaume devait sortir de Brest ainsi que sa flotte, et l’amiral Ville -neuve mettre à la voile pour les Antilles avec les flottes combinées deToulon et d’Espagne . Ces mouvements avaient pour objet d’entraînerloin de la Manche les forces navales de l’Angleterre, de faciliter la réu-nion et d’opérer le départ des flottilles extraordinaires. Pour atteindrece but important, à leur retour des Antilles , les flottes de Villeneuveet de Gravina devaient se joindre à celles de l’Océan, à Rochefort et àBrest . Cette jonction présenterait une masse de cinquante-six vaisseauxde haut bord, avec lesquels l’amiral Villeneuve entrerait dans le canal.Ces ordres furent ponctuellement exécutés ; mais en revenant de l’OuestVilleneuve, à la tète de vingt et un vaisseaux français et espagnols, ren-contra, au cap Finistère , l’amiral Calder, qui n’en avait que treize. Lecombat s’engagea; et Villeneuve, malgré l’avantage du nombre, futbattu. Il fit même perdre deux vaisseaux à la marine espagnole. Ainsiéchoua, par l’événement qui devait en assurer complètement l’exécution,par la témérité de l’amiral anglais , ce beau projet que la fortune sem-blait avoir reçu avec complaisance du génie qui le conçut! Villeneuve,qui comptait six vaisseaux de plus que son ennemi, dut aller se réfugierà Cadix , jusqu’au désastre de Trafalgar. En Angleterre, on lui eût d’a-bord justement retiré son commandement; bien plus, il aurait peut-être payé de sa vie l’affront fait à son pavillon. Mais Napoléon ne savaitque juger : il ne savait pas punir. La clémence dont il usa envers Ville-neuve coûta cà la France sa marine.

L’Empereur continua sa route par Chambéry et Turin ; il s’arrêtaquelques jours au cMteau royal de Stupinitz, où il attendit le pape, liserendit ensuite à Alexandrie , où il affecta une somme de vingt millionspour faire de cette ville la première place d’armes de l’Europe . Cette im-mense fondation militaire devait être aussi un grand monument politiquede l’alliance indissoluble de la France et de la péninsule italique. Elleconsacrait à jamais le souvenir de cette journée que le destin de laguerre marqua d’une défaite qui eût exilé Napoléon de l’Italie , et d’unevictoire qui lui donna l’empire. Aussi reparut-il avec l’uniforme républi-cain de Marengo sur ce champ de bataille qui le vit conquérir la Pénin-sule pour la seconde fois. Là, au milieu de trente mille hommes dont il