468 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1805.
mée dans les murs de cette place , et ne pouvant désormais la quitterqu’avec la permission du vainqueur. Ses desseins sont accomplis, ilfait retirer ses troupes engagées trop avant, rétablit l’ordre dans toutesles communications, et attend l’événement avec une patience vigilante,sans vouloir céder aux cris de ses soldats qui demandent l’assaut. Il dé-sire épargner du sang : il préfère le parti d’user de son ascendant pourdéterminer les Autrichiens à se rendre , à la cruelle résolution de dé-truire à la fois une grande ville et une valeureuse armée trahie par lafortune , ou plutôt par l’imprudence et l’incapacité de son chef. C’estavec l’affreuse perspective d’un malheur pareil à celui de Jaffa , qu’iltente de persuader, d’abord le général Mack , et ensuite le prince deLichtenstein, de la nécessité de capituler. L’ennemi hésite : on canonnela place pendant vingt-quatre heures; les fascines, les échelles, lestroupes , tout est prêt pour l’assaut. Mack essaie de dissimuler par unordre du jour menaçant pour ceux qui parleraient de reddition ; maisle lendemain 17, il se présente au quartier général français , et acceptela capitulation, motivée sur la situation désespérée de son armée.
Cependant Murat n’a point abandonné la poursuite de l’archiduc ;le 16 octobre, il rencontre au village de Languenau l’arrière-garde ducorps de Werneck, et lui enlève trois mille hommes, tandis que l’Em-pereur ordonne au maréchal Lannes de se porter sur Aalen et Nord-lingen pour couper à l’ennemi la route du Danube . Une autre rencon-tre de Murat avec Werneck , sur le pont de Neresheim , nous donneencore douze cents prisonniers. L’archiduc, qui venait d’arriver aumoment même, n’a que le temps de monter à cheval et d’abandonnerson corps d’armée. Enfin, le 18 octobre, les huit mille hommes quirestent au général Werneck déposent les armes. Pour mettre le combleà tant de revers , un convoi de cinq cents voitures, attaché à cette ar-mée , tombe entre les mains des dragons du général Fauconnet. Deuxmille cavaliers environ, voilà tout ce qui reste à l’archiduc des vingt-cinq mille hommes qu’il avait fait sortir d’Ulm pour la défense d’El-chingen. Le 17 , il s’était encore séparé de Werneck , et avait pris laroute de Nuremberg . Ce fut ainsi que ce prince eut le bonheur d’échap-per aux mesures de Napoléon pour le rejeter dans la direction de Mu-rat , et l’ajouter aux immenses trophées de la victoire.
Ces succès, presque incroyables, ayant été communiqués par Napo-léon lui-mème au feld-maréclxal Mack, qu’il appela à son quartier gé-