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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805. 467

disproportion de ses forces, persiste à exécuter les ordres positifs qu’ila reçus. Après une heure d’une lutte inégale et meurtrière, Napoléon ,instruit du véritable état des choses, détache deux divisions d’infanterieet la cavalerie de Murat au secours de la division engagée dans un sigrand danger; l’ennemi est écrasé, et l’archiduc, séparé du corps deWerneck , qu’il veut rejoindre, est réduit à sortir d’Ulm et à fuir surÀalen , pendant la nuit, avec cinq mille chevaux. Murat s’attache à lapoursuite de NVerneck et de l’archiduc. Toutes les opérations marchentsimultanément : sur la rive droite du Danube , le maréchal Lannes em-porte la tète de pont de la ville d’Ulm avec tant de vivacité, que la ca-valerie autrichienne peut à peine rentrer dans la place; le même jour,le général Marmont complète le blocus sur la rive droite.

Napoléon voit tout de son quartier général, établi à Fahliaye d’El-chingen. Dans la nuit du 14 au 15 octobre, il fait passer le Danube ,sur le pont de cette ville, au maréchal Lannes, qui va se réunir au ma-réchal Ney pour assaillir, sur la rive gauche, des hauteurs garnies deredoutes et de retranchements par le général Mack afin de couvrir Ulmde ce côté. Le mouvement commence à deux heures du matin. L’Empe-reur , au mileu de ses soldats , partage leurs fatigues et dirige les ma-nœuvres; à la pointe du jour, il se rend au hameau d’Hasslacli avec sagarde. Par ses ordres, le général Bertrand attaque et force le Michels-Berg, tandis que le maréchal Ney rejette dans les faubourgs les troupesqui s’appuyaient à cette position. Napoléon s’avance vers elles suivi deson escorte, et s’obstine à ne pas s’éloigner d’une batterie de cinq piècesde canon, tout à coup démasquées, et qui tirent à demi-portée. Lannes saisit la bride du cheval de l’Empereur, pour l’obliger à s’éloigner. Na-poléon veut arrêter Ney , exposé à un feu terrible, et le contraindre ciattendre l’arrivée du maréchal Lannes à la même hauteur, sur sonflanc gauche. L’intrépide Ney se refuse à partager la gloire ; d’ailleursil a prévu l’attaque ennemie. Sous la conduite de Suchet, le généralClaparède , le colonel Yedel, font des prodiges, et si leur mouvementest secondé par de plus grandes forces, peut-être la ville sera prised'assaut; mais une double sortie de l’ennemi arrête ces braves, et leurcoûte beaucoup d’officiers et de soldats.

Napoléon arrive sur le penchant de l’escarpement du Michels-Berg,contemple à ses pieds la ville d’Ulm dominée de toutes parts, à demi-portée de canon, par nos positions, et l’armée autrichienne enfer-

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