Band 
Tome premier.
Seite
475
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805. 475

vent coupés du corps de bataille ; et tout espoir de rétablir les affaires estperdu pour les coalisés.

Toutes nos opérations marchaient de front ; Soult et Lannes s’avan-çaient, l’un vers les hauteurs de Blasowitz, l’autre en avant sur sagauche dans la direction de Bosenitz , pour démasquer la cavalerie deMurat, qu’il devait soutenir ensuite de concert avec des divisions deBernadotte , à l’attaque simultanée de Blasowitz parles deux maréchaux.Grâce à cette union des deux armes, les Français s’emparèrent succes-sivement des hauteurs de Blasowitz, des positions de Kruh et Hollubit.A la droite , au centre, à la gauche, partout le succès répondit au cou-rage de nos troupes, et les lieutenants de l’Empereur se montrèrentégalement dignes de suivre les inspirations d’un si grand capitaine.

Les débris de l’aile droite des ennemis, enfoncée, prisonnière ou dé-truite , nous ont laissés maîtres du champ de bataille ; mais ils tententde ressaisir l’avantage au centre, à l’aide de leur réserve et de la cava-lerie de la garde impériale russe. Déjà môme cette cavalerie avait ren-versé et dispersé deux bataillons des plus braves de l’armée française,emportés trop loin par leur ardeur. Napoléon l’apprend, envoie uneportion de la cavalerie de sa garde, sous le commandement du généralRapp : un combat terrible s’engage , et, malgré tous leurs efforts, lesRusses sont obligés de céder à la constance et à l’intrépidité des vétéransde l’armée : en un clin d’œil, canons, artillerie, étendards, tout tombeen notre pouvoir. Un instant plus tard, le prince Constantin était aunombre des prisonniers. Les deux empereurs de Russie et d’Autriche voyaient ce désastre des hauteurs d’Austerlitz. C’est dans la plaine dece nom, qu’après la défaite de leur droite et de leur centre, les restesde leur aile gauche se trouvent enveloppés par suite des manœuvres deNapoléon et de la rapide exécution de ses ordres ; c’est là que s’achèvela ruine de l’ennemi. Ecrasées par l’artillerie qui plonge sur elles, pres-sées de tous côtés par des attaques différentes, acculées à un lac dansun bas-fond, enfermées dans un cercle de feu , ses divisions périssent,déposent les armes, ou se noient en voulant fuir sur la glace, quirompt sous leur poids. Quinze mille hommes tués , un nombre énormede blessés renviron vingt mille prisonniers, quarante drapeaux , prèsde deux cents pièces de canon, quatre cents voitures d’artillerie , tousles gros équipages, une quantité de chevaux, voilà les fruits de cetteimmortelle journée.