476 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1805.
L’intrépide Rapp se distingua à Austerlitz, entre tous ses rivaux, pardes prodiges de valeur ; c’est ce général qui vint tout sanglant, son sabrebrisé, son cheval couvert de blessures annoncer à l’Empereur le succèsde la charge décisive contre la garde impériale russe. Le peintre Gérarda choisi ce brillant épisode, pour immortaliser aussi sur la toile la plusbelle victoire peut-être, et sans doute la plus importante par ses résul-tats, que Napoléon ait remportée sur ses ennemis.
Le 4 décembre, l’empereur François vint saluer le vainqueur à sonbivac : Je n’habite point d’autre palais depuis deux mois, lui dit Napoléon .Vous savez si bien tirer parti de cette habitation, reprend François II ,qu’elle doit vous plaire; et il lui demanda la paix. La veille de la bataille,le comte de Haugvvitz était arrivé à Brünn, presque au moment oùles Russes attaquaient l’avant-garde française. Il était chargé d’obtenirsatisfaction de Napoléon pour la violation du territoire d’Anspach parBernadotte . La Prusse s’était mise sous les armes depuis le traité dePotzdam, du 3 novembre. Napoléon , apprenant le mouvement offensifdes Russes, engagea Haugvvitz à aller à Vienne attendre sa réponse.Le surlendemain, Haugvvitz, de retour, se vit forcé de changer de lan-gage , et, en effet, comme il félicitait Napoléon sur la victoire d’Aus-terlitz : Voilà, répliqua ce prince, un compliment dont la fortune a changél’adresse. C’était répondre d’une manière piquante au traité sentimentaljuré sur la tombe du grand Frédéric, entre Alexandre et Frédéric-Guil-laume. Le général Savary alla instruire l’empereur de Russie de la ca-pitulation convenue entre François et Napoléon . L’armée russe étaitcernée : Alexandre souscrivit aux conditions qui l’obligeaient à se reti-rer par journées d’étape, et à évacuer l’Autriche et la Pologne . On assureque ce grand sauf-conduit comprenait ce prince personnellement. Ilrésulte d’une autre version, que, Murat s’étant trompé dans la direc-tion que Napoléon lui avait donnée pour fermer le chemin à l’arméerusse, cette armée était entièrement libre ou d’effectuer sa retraite, oumême de continuer la guerre. Napoléon avait alors d’autant plus inté-rêt à se défaire promptement, et à tout prix, d’Alexandre et de sonarmée, que l’archiduc Charles se trouvait déjà fort près du Danube ,qu’il pouvait soulever la Hongrie , que les réserves de l’ennemi n’étaientpas loin d’Olmütz , que l’archiduc Ferdinand guerroyait avec succèscontre les Bavarois du général Wrède, et enfin que cent mille Prussiens,rassemblés en Saxe, n’attendaient qu’un signal pour entrer en Franco-