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Tome premier.
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482
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482 HISTOIRE DE NAPOLEON . — -1806.

pagne ne cherchait nullement à favoriser l’Autriche. Le Portugal , sous-trait à l’influence de l’Angleterre, avait assisté par une ambassadeextraordinaire au couronnement de Milan et à la réunion de Gènes. Paris avait éteint les foudres du Vatican : jamais la puissance spirituelle despapes ne parut plus incertaine qu’à cette époque. Une négociationavantageuse pour la France se discutait dans le divan. Il ne restaitdonc actuellement en armes contre elle que la Grande-Bretagne; et peut-être le Danemark voyait-il avec plaisir, appuyé qu’il était sur l’amitiéde la France, la Suède , plus continentale que maritime, s’aventurerdans une querelle que la Russie terminait au détriment de son allié.Napoléon fut, pendant le mois de décembre 1805, non l’arbitre, maisle maître du continent, et le possesseur de toute la puissance autri-chienne. Le maréchal Bernadotte occupait la Bohème qui, de mêmeque la Hongrie , avait été ostensiblement opposée à la guerre. Le ma-réchal Mortier était placé en Moravie ; le maréchal Davoust tenait Près-bourg pendant le traité; le maréchal Ney gardait la Carinthie ; le généralMarmont la Styrie; le maréchal Masséna la Carniole ; le maréchalAugereau la Souabe . Le prince Eugène allait prendre le commandementsuprême de toutes les troupes stationnées dans les états de Venise , de-venus italiens, et dans le royaume d’Italie. Le général Saint-Cyr mar-chait à grandes journées sur Naples , et avec lui le nouveau roi, leprince Joseph, à qui Napoléon avait donné l’investiture de cette infail-lible conquête. Quelle voix eût osé s’élever alors eu faveur de la maisond’Autriche, agressive au sein de la paix, de l’Autriche liée déjà à lagrandeur de Napoléon par le traité de Lunéville , et par la reconnais-sance de son titre impérial? Une seule voix sans doute, celle de laGrande-Bretagne, et elle se serait brisée sur les côtes de l’Europe , quibientôt vont lui être fermées. À Paris, en 1814, la maison d’Autriche a-t-elle défendu la cause de son gendre qui, à Prague , s’était livré àelle dans l’espoir qu’elle sauverait à son tour son généreux libérateur?Non, assurément ; cependant François, en adoptant cette conduite, n’au-rait encore que faiblement acquitté la dette de Presbourg ; car à Pres-bourg Napoléon était seul ; il avait été attaqué, il avait vaincu ; et parcette agression si subite, si violente dans ses effets, si terrible par soupacte, on l’avait réduit à la justice de la vengeance. Alors aussi, aulieu d’un lien de famille, il n’existait entre François II et Napoléon , quela guerre d’invasion et le canon d’Austerlitz!