1806.
483
Le 1" janvier 1806, le pont du Jardin des plantes, nommé pontd’Austerlitz, fut ouvert au public. Voilà le premier monument qui con-sacra le souvenir d’une victoire de Napoléon , mais il ne resta pas leseul destiné à perpétuer celle d’Austerlitz • elle donna bientôt ce nom àun village, que l’on bâtit auprès de la Salpétrière , sur le boulevard duJardin des plantes . Bientôt le bronze russe et autrichien forma la co-lonne de la place Vendôme , le plus beau trophée qui ait jamais, mêmedans les temps anciens, été dédié à la gloire d’un grand capitaine ausein de la capitale d’une grande nation. La bataille d’Austerlitz est lepremier fait d’armes de l’histoire depuis la bataille d’Aetium , dont ellepouvait aussi renouveler la fortune, si, par un penchant inexplicableet devenu depuis bien fatal, Napoléon n'eùt montré pour l’Autriche une faiblesse qui ne s’est jamais démentie.
Après avoir réglé à Seliœnbrünn les intérêts d’une haute importancequi l’y avaient retenu quelques jours, Napoléon partit pour Munich ,où il arriva le 31 décembre. La nouvelle année fut inaugurée dans cetteville par la proclamation du prince Maximilien-Joseph , à son avène-ment au trône. Munich vit aussi célébrer le mariage du prince Eugèneet de la princesse royale, avec la plus brillante solennité, en présencede Napoléon. Le maréchal Berthier, devenu prince souverain de Neu-châtel , épousa une nièce du roi. L’Empereur écrivit au sénat pour luifaire part du traité de Presbourg , dont il ordonna la publication commeloi de l’empire. 11 instruisit également le sénat du mariage du vice-roid’Italie , et des laveurs éclatantes qu’il venait d'accumuler sur ce prince.De Munich Napoléon se rendit à Stuttgard , où il reçut les mêmes hom-mages du roi de Wurtemberg, et de là à Carlsruhe, à la cour de Bade ,qu’un nouveau lien allait bientôt attacher à la France . Le 26 janvier,l’Empei’eur et l’Impératrice étaient de retour à Paris .
Le 28, le sénat a décrété un monument à Napoléon le Grand.
Le 3 février, la Porte Ottomane, malgré son alliance avec la Russie ,malgré l’influence du cabinet britannique, reconnut Napoléon empe-reur des Français .
Le 15, un décret ordonne une exposition des produits de l’industriefrançaise pour le 25 mai, époque des fêtes qui auront lieu en l’honneurdes triomphes de la grande armée. L’heureuse idée d’associer ces deuxgloires delà France à une même solennité, afin d’y intéresser davan-tage la nation, était dominante chez Napoléon. Cette idée s’était mon-
3i.