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Tome premier.
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493
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1806. 493

France. En conse'quence il fit signifier au cabinet de Berlin, que la Saxe et la Hesse , à qui il communiqua aussi ses intentions de la manièrela plus positive, ne seraient pas comprises dans la confédération duNord.

Cependant lord Lauderdale était arrivé à Paris , chargé de continuer,de concert avec lord Yarmouth , les négociations entamées. Dès ce mo-ment commencèrent aussi les difficultés ; bientôt lord Lauderdale restaseul plénipotentiaire. Lord Grenville , membre du conseil, avait re-cueilli la succession politique de M. Pitt, et s’attacha tout d’abord à dé-montrer à M. Fox, dont il était appelé par sa position à contrôler lesopérations, que Napoléon n’avait d’autre but que d’enlever à l’Angle-terre toute relation et toute influence sur le continent. La cession duHanovre à la Prusse paraissait une preuve récente de ce système. Peuà peu cette assertion, journellement reproduite, avait germé dans l’es-prit de M. Fox, dont la santé éprouvait un affaiblissement sensible ; enconséquence, lord Lauderdale , porteur d’instructions moins conci-liantes , fut envoyé pour prendre la place de lord Yarmouth et susciterdes obstacles aux progrès de la négociation. Ce changement subit deconduite fit comprendre à Napoléon que la paix, au-devant de laquelleil s’était jeté avec tant d’abandon par les propositions dont il avaitchargé lord Yarmouth , redevenait impossible, malgré le traité queM. d’Oubril venait de signer à Paris . Mais l’officieuse intervention quela Russie avait manifestée pour rapprocher la Prusse et la Suède cou-vrait la véritable conspiration. Le voile fut tout à coup déchiré, le20 août, par l’empereur Alexandre, qui refusa de ratifier le traité du20 juillet.

La complication de la conjuration du Nord s’accrut encore par laprésence du baron de Knobelsdorf, qui arriva, le 7 septembre, pourremplacer le marquis de Lucbesini. La mission du nouveau minis tre fqui apportait cependant une lettre très-amicale de son souverain, ainsique la reconnaissance expresse de la confédération du Rhin et du pro-tectorat de Napoléon , cachait sous l’apparence d’un acte ostensible laduplicité du cabinet de Berlin , dont les engagements secrets avec ceuxde Londres , de Pétersbourg et de Stockholm ne pouvaient plus être lamatière d’un doute pour le gouvernement français . D’ailleurs, les ar-mements extraordinaires de la Prusse annonçaient suffisamment la for-mation d’une nouvelle coalition. Napoléon n’ignorait pas les démarches