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Tome premier.
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494
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494 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1806.

de Frédéric - Guillaume auprès des cours de Saxe et de Hesse - Cassel ,afin de les soulever contre la France , démarches suivies de l’envahis-sement de la Saxe par les troupes prussiennes. A l’époque de cette té-mérité, Napoléon avait fait notifier par son ministre à la cour de Berlin ,que l’occupation du territoire saxon, qu’il proclamait inviolable, seraitpour lui une déclaration de guerre. Il savait aussi avec toute l’Europe ,que la jeune reine de Prusse parcourait à cheval, en costume militaire,les rues de sa capitale, et appelait aux armes tous ses sujets. L’exalta-tion romanesque qui résultait de l’exemple et des provocations d’unebelle souveraine avait sans doute sa générosité ; mais cette chevaleriegalante et vaniteuse s’aventurait dans une entreprise où l’on obéissaità toutes les impulsions, mais non pas au véritable intérêt, à l’intérêtde la patrie prussienne. Les insultes des jeunes officiers de la garnisonde Berlin , qui ne respectèrent pas même le caractère de l’ambassadeurde France, ne pouvaient rester impunies à Paris , puisqu’elles l’étaientà Berlin. En un mot, une cour insolente outrageait Napoléon et laFrance , et un gouvernement perfide les trahissait depuis le traité dePotzdam. On se souvenait cependant à Paris de l’empressement que laPrusse avait mis à proclamer la paix avec la convention nationale , etde la fidélité de ce cabinet à garder alors ses engagements. On se sou-venait de ces deux circonstances, et l’on compara les temps. Jamaismotifs plus légitimes de vengeance ne pouvaient armer une nation gé-néreuse.

Sur ces entrefaites, la question du rapprochement avec l’Angleterrene prenait pas une tournure favorable. Dès les premiers jours du moisd’août, la santé de M. Fox, ayant subi une grande altération, ne luiavait plus permis de suivre directement les affaires du cabinet. Cimen-tée entre Napoléon et Fox , la paix eût donné sans doute à l’Europe une autre face. L’Eui’ope eût échappé dès lors au despotisme desvieilles institutions sous lesquelles elle cherche en vain aujourd’huil'équilibre que le ciel lui impose. La France , au lieu d’être forcée àconquérir l’Europe , l’Angleterre, au lieu d’être contrainte à détruire laFrance , seraient nécessairement devenues, sous la direction de ces deuxdictateurs de la civilisation, les régulatrices d’un nouveau pacte euro-péen . Ce grand spectacle, ce grand bienfait devaient manquer aurègne de Napoléon et au monde.

Tandis qu’une sourde tempête agitait le nord de l’Allemagne et le ca-