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Tome premier.
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495
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1806. 495

binet des Tuileries , un cri de douleur, sorti des rivages de l’Angleterre,frappa subitement tous les amis de la paix dans les deux états , qu’ellepouvait bientôt réunir : le célèbre Fox venait de mourir, à l’âge decinquante-liuit ans, le 3 septembre. Le Times terminait par ces motssi honorables la notice qu’il avait consacrée au rival de Pitt : « .... M. Foxfut un des hommes les plus distingués que la nature semblait avoirpréparés pour l’ornement de ce règne. L’Angleterre doit gémir d’êtreprivée d’un aussi grand ministre. Il avait posé les premières pierres dutemple de la Paix ; et si nos vœux avaient pu être exaucés, il auraitdonné à l’édifice une telle force et une telle solidité, que la mémoireet la tombe de cet illustre citoyen s’y seraient reposées pour tou-jours. »

Ce fatal événement encouragea les ennemis de la France , leur renditun puissant auxiliaire dans le parti anglais comprimé par le ministèrede Fox , et donna le signal dans toute l'Europe à cette conspiration ,plutôt aristocratique que politique , qui fermentait contre la couronneimpériale de Napoléon. L’immense victoire d’Austerlitz ne fut pour lesuns qu’un échec, pour les autres qu’un crime capital, que la causegénérale des anciennes dynasties était appelée à réparer ou à punir.L’Espagne elle-même , toute française déjà sous la république , semblase repentir aussi de l’amitié qu’elle avait si hautement proclamée pourBonaparte , et se disposait à suivre le mouvement royal dont la Prusselevait le drapeau.

Cependant, dès le 11 septembre, le prince de Bénévent avait adresséà M. de Knobelsdorf une note, par laquelle il lui demandait des expli-cations sur les armements de la Prusse, et l’informait que l’Empereurse voyait obligé d’imprimer à ses préparatifs un caractère public et na-tional. Le 12, l’ambassadeur avait répondu à la note française , qu’ilfallait attribuer ces armements à une trame des ennemis de la France et de la Prusse , dont l’intimité leur était insupportable ; suivant ladéclaration de cet envoyé , le départ de la garnison de Berlin pour lesfrontières était l’effet d’un malentendu , et le roi de Prusse avait faitfaire, à Berlin , au ministre de France , une communication amicale àcet égard. Le lendemain 13 , le prince de Bénévent informait M. deKnobelsdorf que, d’après sa réponse de la veille, et en attendant lerésultat de la communication au ministre français à Berlin , l’Empereuravait prescrit de différer les messages qui étaient prêts à être adressés