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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1800.
Pendant que Napoléon triomphait ainsi de l’armée prussienne qu’ilcroyait avoir eu tout entière en face de lui, le maréchal Davoustsoute-nait seul, à Auerstaedt, le choc d’une masse supérieure du triple à lafaible armée que lui formaient les divisions Morand, Gudin et Fi'iant.Malgré l’attaque imminente qui le menaçait, Davoust ne fut point se-couru par Bernadotte , à qui il avait proposé le commandement des deuxcorps, en lui communiquant les ordres du prince de Neuchâtel de mar-cher de concert. Bernadotte continua tranquillement son mouvementsur Dornburg, s’autorisant des premières instructions de l’Empereur,qui alors ne pouvait savoir le péril où le maréchal Davoust allait setrouver engagé avec des forces inégales. Le bulletin garda le silencesur cette étrange conduite ; peut-être aurait-il parlé si Davoust, aban-donné à lui-même par une défection inconcevable, eût succombé sousles coups de l’ennemi : mais le droit de faire grâce est aussi une préro-gative du vainqueur, et d’autres destinées attendaient Bernadotte . Da-voust , qui, dans cette affaire, l’un des plus beaux trophées de l’arméefrançaise, avait montré les talents et le caractère d’un habile capitaine,fut récompensé par le nom d’Auerstaedt. Ce nom, désormais immorteldans les fastes militaires , est celui que les Prussiens donnèrent à labataille, apparemment parce que le roi y fut vaincu en personne avecles vieux généraux de Frédéric II. Mais en France , Iéna , où comman-dait l’Empereur, s’attachera toujours à la double victoire remportéepar Napoléon et par son lieutenant.
Les Prussiens perdirent les deux champs de bataille, environ cin-quante mille hommes tués ou pris, trois cents bouches à feu, soixantedrapeaux, et tons leurs magasins. Parmi les prisonniers figurent sixmilles Saxons et trois cents officiers. Napoléon, arrivé le 15 à Weimar ,se fait présenter ces officiers, auxquels il dit qu’en prenant les armes ila eu pour but d’empêcher que la nation saxonne ne fût incorporée dansla monarchie prussienne. Il leur accorde, ainsi qu’aux soldats, le re-tour libre dans leur patrie. Ces officiers s’engagent tous par écrit à nejamais porter les armes contre la France et ses alliés. Ils retournent enSaxe, chargés d’une proclamation par laquelle Napoléon se déclare leprotecteur de la nation saxonne. L’empereur Napoléon se souvint icide la prise de Faenza, où le général Bonaparte renvoya également lesprisonniers romains, et en fit d’utiles amis à la république. Sa présence à Weimar avait déjà attiré sur lui la reconnaissance de la famille