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Tome premier.
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503
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1806. 503

ducale. II était descendu au palais, où il avait été reçu par la duchesserégnante, dont le mari commandait une division prussienne : « Vousavez sauvé votre mari, madame, dit-il à cette princesse; vous l’avezsauvé en restant chez vous et en ayant confiance en moi : je lui pardonneà cause de vous. » L’alliance consacrée à Posen avec l’électeur attachabientôt après à Napoléon toutes les branches de la maison de Saxe.

Les vieux compagnons d’armes de Frédéric trouvèrent presque tousà léna leur journée fatale. Le fameux duc de Brunswick, dont le ridi-cule manifeste avait si insolemment outragé la nation française en 1792,le maréchal Mœllendorf et le lieutenant général de Schmettau, blessésdangereusement, ne devaient pas survivre à cet anéantissement de lagloire militaire qu’ils avaient fondée sous le grand roi. Le prince Henride Prusse, le général Ruchel, étaient pareillement blessés, tandis quel’armée française n’avait à regretter qu’un général, cinq colonels etdouze mille hommes environ, tant tués que blessés sur l’un et l’autrechamp de bataille. Aussi, le surlendemain, le roi de Prusse, fuyantsans armée, fait demander un armistice. Napoléon répond qu’il est im-possible, après une victoire, de donner le temps à l’ennemi de se rallier.Le même jour, au combat de Greussen, le maréchal Soult, après luiavoir également refusé un armistice, écrasait le général Kalkreuth, l’undes plus vaillants compagnons de Frédéric II , et le poursuivait jusqu’àMagdebourg , avec le royal fugitif d’Auerstaedt. Le 18 octobre, tant lamarche de l’armée victorieuse est bien combinée, Erfurth se rendait parcapitulation au grand-duc de Berg, et livrait entre nos mains cent vingtpièces d’artillerie, d’immenses magasins, et quatorze mille hommes pri-sonniers de guerre : parmi eux on compte le maréehal de Mœllendorf,le prince d’Orange, depuis roi des Pays-Bas, et quatre généraux. Le17, au combat de Hall, le prince de Ponte-Corvo a voulu réparer l’inac-tion de Dornbourg: il a mis dans la déroute la plus complète la réserveprussienne, commandée par le duc Eugène de Wurtemberg, lui a pristrente-quatre pièces de canon, quatre drapeaux et cinq mille hommes,ainsi que deux généraux. Le 18, le maréchal Davoust occupe Leipsick.Napoléon est à Mersebourg . Il va visiter le champ de bataille de Ros-bacb, non loin de celui d’Iéna. Heureux d’avoir vengé la France , ilordonne que la colonne élevée par Frédéric II , en mémoire de la dé-faite des Français, le 5 novembre 1757, sera transportée à Paris . Sansdoute il appartenait au premier capitaine du siècle de changer en tro-