504 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4806.
phée ce monument du malheur de nos armées. C’est aussi le 18, que legénéral Blücher , fuyant avec une troupe échappée à la journée du 14,fut arrêté à Weissensée par le général de cavalerie Klein, à qui il osealléguer, sur sa parole d’honneur, l’existence d’un armistice : Blücher trompe ainsi déloyalement la confiance du général français ; l’armée,secharge de punir ce parjure militaire.
Le lendemain, le grand-duc de Berg arrive à Halberstadt , inonde laplaine de Magdebourg avec sa cavalerie. L’infortunée reine de Prussesubit à son tour le sort de la guerre qu’elle a allumée. Fuyant de villeen ville, elle se trouve à Stettin le 19, le 20 à Custrin ; aucun lieu nepeut lui offrir une hospitalité assurée. Napoléon, précédé à Dessau parle maréchal Lannes, a fixé son quartier général dans cette résidence.Là, enfin, le marquis de Lucchesini atteint le vainqueur et obtientd’être admis à lui remettre une lettre du roi. Le grand maréchal estchargé de conférer avec ce ministre. De Dessau Napoléon se rend àWurtemberg, où il retrouve son lieutenant d’Auerstaedt. Le mêmejour, le roi de Hollande entre à Gottingue avec l’avant-garde de l’ar-mée du Nord, et la place d’Anclam cède aux attaques du général Bec-ker. Le quartier général impérial est marqué à Potzdam pour le 25.Le 24, les maréchaux Lannes , Lefebvre et Bessières, s’y établissentavec la garde. Napoléon songe d’abord à visitér le tombeau du grandFrédéric, comme Alexandre visita celui d’Achille . Il prit l’épée du hé-ros du dix-huitième siècle, la ceinture de général qu’il portait à la guerrede Sept-Ans , et son cordon de l’Aigle-Noire. « J’aime mieux cela quevingt millions! s’écrie Napoléon; je les enverrai aux Invalides : les vieuxsoldats de la guerre de Hanovre accueilleront avec un respect religieuxtout ce qui appartient à l’un des premiers capitaines dont l’histoireconservera le souvenir. « L’affront de Rosbach était bien vengé!
Au moment où Napoléon arrivait à Potzdam, la fameuse forteressede Spandau , qui, ayant une brave garnison, des approvisionnementset des ouvrages bien armés, pouvait se donner l’honneur d’une belle etlongue défense, capitulait entre les mains du maréchal Lannes ; la placen’était investie que de la veille par le général Bertrand : on y trouvaquatre mille chevaux tout équipés, qui servirent à monter quatre milledragons à pied. Le maréchal Davoust, par une marque publique de lasatisfaction de l’Empereur, obtient l’honneur d’entrer le premier dansla capitale de Frédéric. Cinq cents pièces de canon et une immense