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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1807.mi nation. Le 12 août, à l’exemple de la négociation de lord Arbutnotà Constantinople , le ministre Jackson vient signifier au prince royal, àCopenhague , que la Grande-Bretagne exige du Danemark une allianceoffensive et défensive, et pour garantie la remise de la flotte, de la for-teresse de Cronenbourg, ainsi que la capitale. Il ajoute que l’Angleterrecompensera avec de l’argent les pertes que le Danemark pourra éprou-
ver: « Et avec quoi compenserez-vous l’honneur?» répond le prince.Le 13, M. Jackson annonce que les hostilités vont éclater. On courtaux armes. L’attaque commence le 16. Le même jour, le gouvernementdanois met le séquestre sur le commerce et les propriétés de l’Angle-terre dans ses états. Les Anglais ont jeté douze mille hommes dans laforteresse de Erédérichsberg, aux portes de Copenhague . La proclama-tion anglaise aux Danois leur déclare que la Grande-Bretagne se présentecomme amie et ne demande leur flotte qu’à titre de dépôt : c’est ajouterla dérision à la violence. Le 18 août, lord Gathcart, commandant lesforces britanniques, écrit au général Peymann, gouverneur de Copen-hague , que si les propositions de l’Angleterre ne sont pas acceptées, laville subira les horreurs d’un siège par terre et par mer. La réponse dugénéral danois est un refus plein de fierté. Le 2 septembre, à septheures du soir, les Anglais commencent un bombardement qui duresoixante-douze heures et réduit en cendres trois cents maisons. Le gé-néral Peymann, dangereusement blessé, se voit forcé de capituler. LesAnglais sont maîtres de la flotte danoise, qui consiste en vingt-huitvaisseaux de ligne, seize frégates, neuf bricks et une quarantaine depetits bâtiments. Le prince royal, dont le caractère ne se dément pas
un seul instant, refuse de reconnaître la capitulation. Dès le 19 août,il avait donné l'ordre au général Peymann de faire sauter la flotte, s ilne pouvait la sauver; mais l’officier porteur de cet ordre avait été pris.
Le roi de Danemark , victime d’une agression aussi barbare, y trouvela justification du blocus continental que la France impose à ses alliés :il s’empresse d’y adhérer, ordonne la saisie de toutes les propriétés bri-tanniques dans ses états, l’arrestation de tous les Anglais , interdit toutcommerce avec l’Angleterre; le 16 octobre, il signe avec la France untraité offensif et défensif, et, seul des alliés de Napoléon , il respec-tera ses engagements jusqu’au dernier moment. Indigné de la violence(pie l'Angleterre a commise sur la capitale du Danemark,l’empereurAlexandre proclame hautement, par l’ukase du 31 octobre, les prin-