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Tome second.
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24 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1808.

eiliables qui partagent les deux cours, et il continue à reprocher aufavori déchu l’avilissement de l’Espagne et la désunion de la maisonrégnante. Il refuse môme au vieux roi, en raison de la sollicitude qu’ilmanifeste à l’égard de Godoy, sinon un respect qui, en Espagne , estimpérissable pour la majesté royale, du moins l’attachement qu’il atoujours porté si justement aux vertus et à la bonté de cet excellentmonarque. Ainsi la haine contre Godoy devint chez les Espagnols del’amour pour Ferdinand.

Cependant une seconde fois ce prince s’est trop pressé de prendre lesceptre; il ignore ce qui se passe à Paris dans les conseils de Napoléon ;il ignore en outre ce qui se passe à Madrid dans le camp français . S’ildédaigne les intérêts qu’il vient de blesser dans la personne de Godoy,emprisonné et dépouillé par lui, il ne calcule pas l’influence prochaineque cet outrage fait à son père aura peut-être sur sa propre destinée.Ferdinand n’a pas compris non plus le péril où l’abdication forcée deCharles IY peut entraîner le fds coupable qui vient d’usurper la cou-ronne. Godoy s’aveuglait au sujet de son importance dans l’esprit del’Empereur, parce qu’il avait fait le traité de Fontainebleau , à présentannulé; Ferdinand s’aveugle également, parce qu’il croit avoir gagné laprotection de l’Empereur en lui demandant pour femme une princessede son sang. Sur ce point seulement il est d’accord avec son père et samère, qui, par les conseils de Godoy, après l’affaire de l’Escurial, sol-licitent de concert pour Ferdinand la main d’une princesse impériale deFrance . Godoy, ayant appris la mise au néant du traité de Fontaine-bleau, a voulu, en enlevant à Ferdinand le mérite d’une pareille de-mande, se fortifier d’un nouvel appui auprès de Napoléon .

Cependant, dès qu’il connut les événements d’Aranjuez , et en réponseà la correspondance du grand-duc de Berg, Napoléon lui adressa lalettre suivante. Cette lettre, si importante, fera mieux juger que toutesles réflexions, quelle était l’opinion ou plutôt l’incertitude de Napoléon sur les affaires de l’Espagne et sur sa propre position vis-à-vis de ceroyaume à l’époque du 29 mars.

« Monsieur iæ grand-duc de Berg ,

«Je crains que vous ne me trompiez sur la situation de l’Espagne ,et que vous ne vous trompiez vous-même. L’affaire du 20 mars a sin-