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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1808.peu de ressources qu’offraient les provinces où elles ont séjourné ; etque je n’ai pas hésité un moment à donner à Y. M. la plus grandepreuve de confiance, en faisant sortir mes troupes de ma capitale poury recevoir une partie de son armée : j’ai cherché pareillement, par leslettres que j’ai adressées à Y. M., de la convaincre, autant qu’il a étéen mon pouvoir de le faire, du désir que j’ai toujours nourri de res-serrer d’une manière indissoluble, pour le bonheur de mon peuple, lesliens d’amitié et d’alliance qui existaient entre Y. M. I. et mon augustepère. C’est dans les mêmes vues que j’ai envoyé auprès de Y. M. unedéputation de trois grands de mon royaume pour aller au-devantde Y. M., aussitôt que son intention de se rendre en Espagne me futconnue ; et pour lui démontrer d’une manière encore plus solennelle mahaute considération pour son auguste personne, je n’ai pas tardé à fairepartir avec un égal objet mon très-cher frère l’infant don Carlos, déjàarrivé depuis quelques jours à Bayonne . J’ose me flatter que V. M. aurareconnu dans ces démarches mes véritables sentiments.
« A ce simple exposé des faits, Y. M. me permettra d’ajouter l’ex-pression des vifs regrets que j’éprouve en me voyant privé de ses lettres,surtout après la réponse franche et loyale que j’ai donnée à la demandeque le général Savary vint me faire à Madrid , au nom de Y. M. Ce gé-néral m’assura que V. M. désirait seulement savoir si mon avènementau trône pourrait amener quelque changement dans les rapports poli-tiques de ses états. J’y répondis en réitérant ce que j’avais eu l’honneurde manifester par écrit à Y. M., et je me suis rendu volontiers à l’invi-tation que le même général me fit de venir au-devant de V. M., pourm’anticiper la satisfaction de la connaître personnellement, d’autantplus que j’avais déjà manifesté à Y. M. mes intentions à cet égard. Enconséquence, je me suis rendu à ma ville de Yittoria, sans égard auxsoins indispensables d’un nouveau règne, qui aurait exigé ma résidenceau centre de mes états.
« Je prie donc instamment V. M. I. et B. de vouloir bien faire cesserla situation pénible à laquelle je suis réduit par son silence, et de dis-siper, par une réponse favorable, les vives inquiétudes qu’une troplongue incertitude pourrait occasionner à mes fidèles sujets.
* ® ur ce ) je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. De Y. M. I.et R. le bon frère
Vitloria, i-i avril x8oS. »
Eekmmand.