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Tome second.
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HISTOIRE DE NAOPLÉÜN. 4808. 33

couronne. V. À. R. ny a de droits que ceux que lui a transmis samère. Si le procès la déshonore, Y. A. R. déchire par ses droits.Quelle ferme loreille à des conseils faibles et perfides. Elle na pas ledroit de juger le prince de la Paix. Ses crimes , si on lui en reproche,se perdent dans les droits du trône. Jai souvent manifesté le désir quele prince de la Paix fût éloigné des affaires : lamitié du roi Charles maporté souvent à me taire, et à détourner les yeux de son attachement.Misérables hommes que nous sommes ! faiblesse et erreur, cest notredevise. Mais tout cela peut se concilier : que le prince de la Paix soitexilé dEspagne , et je lui offre un refuge en France . Quant à labdi-cation de Charles IY, elle a eu lieu dans un moment mes arméescouvraient les Espagnes, et, aux yeux de lEurope et de la postérité,je paraîtrais navoir employé tant de troupes que pour précipiter dutrône mon allié et mon ami. Comme souverain voisin, il mest permisde vouloir connaître , avant de reconnaître cette abdication. Je le disà Y. A. R., aux Espagnols , au monde entier : si labdication du roiCharles est de pur mouvement, sil ny a pas été forcé par linsurrectionet lémeute dAranjuez , je ne fais aucune difficulté de ladmettre, et jereconnais V. A. R. comme roi dEspagne . Je désire donc causer avecelle sur cet objet. La circonspection que je porte depuis un mois dansces affaires doit lui être garant de lappui quelle trouvera en moi, si,à son tour, des factions, de quelque nature quelles soient, venaient àlinquiéter sur son trône. Quand le roi Charles me fit part de lévéne-ment du mois doctobre dernier, jen fus douloureusement affecté; etje pense avoir contribué, par les insinuations que jai faites, à la bonneissue de laffaire de lEscurial. V. A. R. avait bien des torts ; je nenveux pour preuve que la lettre quelle ma écrite et que jai constam-ment voulu ignorer. Roi à son tour, elle saura combien les droits dutrône sont sacrés. Toute démarche près dun souverain étranger, de laPart dun prince héréditaire, est criminelle. V. A. R. doit se défier deséc arts, des émotions populaires ; on pourra commettre quelques meur-tres sur mes soldats isolés, mais la ruine de lEspagne en serait lerésultat. Jai déjà vu avec peine quà Madrid on ait répandu deslettres du capitaine général de la Catalogne , et fait tout ce qui pouvaitdonner du mouvement aux tètes. Y. A. R. connaît ma pensée toutentière; elle voit que je flotte entre diverses idées qui ont besoin dêtrefixées. Elle peut être certaine que, dans tous les cas, je me comporterain. 3