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Tome second.
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34 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — ISOS.

avec elle comme envers le roi, son père. Qu'elle croie à mon désir detout concilier, et de trouver des occasions de lui donner des preuvesde mon affection et de ma parfaite estime.

« Sur ce, je prie Dieu, mon frère, qu’il vous ait en sa sainte etdigne garde.

« Bayonne , le 16 avril 1808.

« Napoléon. »

C’est cependant après la lecture d’une pareille lettre, que Ferdinandse décida à achever son voyage. Il y fut de plus déterminé par le renou-vellement des instances de ses propres conseillers, tandis qu’ils auraientdû le contraindre à reprendre la route de sa capitale. Napoléon, ens’abstenant de saluer Ferdinand du titre de roi, lui faisait assez com-prendre qu’il ne le regardait que comme un usurpateur. Il est en outreimpossible que Napoléon, en écrivant une telle réponse à la lettre jus-tificative et suppliante du prince des Asturies, n’ait eu la pensée queFerdinand prendrait la résolution de rester sur la défensive. Ce partiétait plus avantageux et plus honorable pour Napoléon et Ferdinand :dans cette position, celuir-ci levait le drapeau de la défense de sa patrie,dont la capitale et les places frontières avaient été occupées au sein dela paix ; tandis que Napoléon, de son côté, pou vait proclamer une guerrelégitime contre L’usurpateur du trône de son allié.

Il n’en lut pas ainsi; l’inévitable destinée qui devait, six ans après,détrôner Napoléon et couronner Ferdinand, malgré la protestation nonrévoquée de son père, fit continuer le voyage. Enfin Ferdinand s’a-veugla à un tel point sur sa situation, qu’il répondit de Yittoria àl’Empereur : «.... C’est avec la plus grande satisfaction que je viens derecevoir la lettre que V. M. I. et R. a bien voulu me faire remettre parle général Savary, en date du 16 ; la confiance que V. M. m’inspire,et le désir que j’ai de la convaincre que l'abdication du roi , mon père,a été faite, en ma faveur, de pur mouvement, m’ont décidé à me porterimmédiatement à Bayonne .... » En effet, il partit le 18, et fut reçu,à la frontière, par le prince de Neuchâtel . Quand Savary remit à l’Em-pereur la réponse de Ferdinand : Comment! il vient? dit Napoléon ;cela est impossible. Le prince arriva le 20 à Bayonne , où Napoléon vintlui faire visite, en continuant de le traiter d’Altesse Royale ; le même jour