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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1808.conduits à leur ruine. Ainsi il pourrait se trouver vrai, en quelquesorte, de dire que Napoléon a péri pour avoir refusé aux Prussiens etavoir offert aux Espagnols les mêmes institutions.
On était loin du traité de Fontainebleau, dont les stipulations ve-naient totalement de disparaître devant les derniers événements de l’Es-pagne : toutefois la clause principale de ce traité recevait son exécution,et, le 30 mai, Napoléon ordonnait, à Bayonne , l’insertion au Bulletindes lois, du sénatus-consulte qui, le 24, avait prononcé la réunion à laF rance des duchés de Parme et de Plaisance sous le titre de départe-ment du Taro, et des états de Toscane sous ceux de départements deYArno, de la Méditerranée et de YOmbrone; la reine Marie-Louise en avaitfait la cession à Napoléon , au nom de son fils mineur, aujourd’huiprince de Lucques . Aucun prince de la maison de Bourbon ne possèdeune souveraineté en Europe, la Sicile exceptée.
En conséquence de la proclamation de Bayonne , un décret convoquadans cette ville, pour le 15 juin, l’assemblée des notables de la nationespagnole. Le 3 du même mois, la junte du gouvernement, résidant àMadrid , publia un manifeste par lequel elle invitait les insurgés à dé-poser leurs armes, et instruisait les habitants des avantages politiqueset sociaux qui allaient résulter pour eux du nouveau règne. Le 6, Na-poléon rendit un décret suprême, où, d’après les vœux de la junte d’é-tat du conseil de Castille et de la ville de Madrid , il proclamait roi des Es-pagnes et des Indes son frère Joseph, roi de Naples et de Sicile . Bientôtparut, en reconnaissance de cet événement, une adresse aux Espagnols par les députés à la junte générale extraordinaire. Le duc de l’Infantadofaisait partie des nombreux signataires de cette adresse, ainsi que le ducdel Parque, l’ex-ministre Cevallos, le duc d’Hijar, le comte de Fer-dinand Nunez, le marquis de Santa-Cruz, le duc d’Ossuna; parmi lessignataires du manifeste de la junte du gouvernement, on remarquaitle ministre de la guerre O’Farril, le marquis Caballero, le duc de Gre-nade ; tout ce que la nation comptait d’hommes considérables par leurnaissance , leurs dignités , leur fortune, leurs services et leur rang,sanctionna le nouvel ordre de choses. Enfin, le 7 juin, l'Empereur seporta en pompeux cortège au-devant de son frère Joseph, à deux lieuesde Bayonne , et, après leur entrée au château de Marrac, les grandsd’Espagne , le duc de l’Infantado à leur tète, vinrent offrir leurs hom-mages au roi. M. d’ürquijo, qui avait vainement supplié Ferdinand de