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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. -1808. 47

portés à la baïonnette ; quarante pièces de canon, six mille prisonniers,dix mille tués, les bagages et les munitions de toute cette armée furentles trophées de cette bataille vraiment mémorable. Les Espagnols essuyèrent une déroute complète. Bessières poursuivit lennemi surBenavente , Majorga et Léon, qui firent leur soumission. Ce succèsimportant assura les communications avec le Portugal , et devint très-utile à larmée de Junot.

Dès le 16 juin, les Portugais avaient imité les Espagnols ; le cri dupatriotisme les avait appelés dans Oporto à une insurrection générale.Les provinces du nord étaient déjà évacuées par larmée française . LesEspagnols et les Portugais donnaient à lEurope le beau spectacle dedeux peuples ennemis se réunissant tout à coup pour défendre en com-mun leur droit domestique, cette antique indépendance de famille quiest la propriété de toute nation. Mais les fusils de fabrique anglaise,dont sont armés les Espagnols et les Portugais ; les officiers supérieursde lAngleterre qui commandent les mouvements de leurs troupes, etles trésors britanniques qui soldent tout à coup les sujets délaissés desmaisons de Bourbon et de Bragance , apprennent aussi à lEurope queNapoléon , en dirigeant ses armées sur le Portugal et lEspagne , na faitque prévenir celles de lAngleterre. Le régent de Portugal , dominé,comme on la vu, par lambassadeur Stranglord, avait abandonné sesétats, au lieu de les conserver sous lalliance et la protection de Napoléon ,au prix de ladoption du système continental. Dans les affaires delEscurial et dAranjuez , il fut également reconnu que Ferdinand, envoulant détrôner son père, voulait aussi rejeter lamitié de la France pour sunir à lAngleterre.

Le 15 juillet, un décret impérial, daté de Bayonne , donne au grand-duc de Berg la couronne de Naples . Murat se bâte de quitter lEspagne :cest le duc de Rovigo qui le remplace dans le commandement généralde larmée. Le maréchal Bessières a ouvert à Joseph les portes deMadrid ; le 20 , ce prince y fit son entrée au milieu dune foule silen-cieuse. Cette attitude de la population dune capitale prouve énergique-ment quil ny a eu de vaincu que larmée battue par Bessières ; que siJoseph occupe le trône, la nation occupe le champ de bataille qui nousattend : en effet, elle y est tout entière. Larmée de ligne de Galice etdAndalousie a pris part à linsurrection. Les troupes de ligne de Madrid ,de Saint-Sébastien, de Barcelone , ont déserté pour rejoindre les dra-