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Tome second.
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AS HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1808.

peaux de l'indépendance. L'Espagne n’était pas plus capable qu’elle nel’est aujourd’hui de juger un bon gouvernement, et, sans avoir égard àl’abdication du roi qu’elle avait vu naître, elle repoussait le roi étranger,parce que les moines et le clergé, qui la dominaient et la dominent en-core , ne pouvaient être dans les intérêts de ce changement.

Le 21 juillet, Napoléon, rappelé en France par les soins de son vasteempire et par la nécessité de veiller sur l’Europe qui le regarde aveccrainte et se prépare à saisir la première occasion de l’abaisser, quitteBayonne et retourne lentement à Paris ; il s’arrête dans les villes prin-cipales, où d’heureuses dispositions administratives signalent son pas-sage. Il se délasse dans ces. stations de famille des souvenirs deBayonne .

Le 14 août, le canon de sa fête annonça son arrivée à la capitale ; lemême jour, sa statue colossale, fondue avec le bronze d’Austerlitz, sortaitdes ateliers de Saint-Laurent pour orner bientôt la colonne triomphalede la place Vendôme . Cependant le roi Joseph, arraché aux délices deNaples , et réduit désormais à lui-même , doit conquérir pour régner,et rester toujours armé pour conserver sa couronne. Une armée s’épuiseet la guerre finit : mais une nation ne périt pas devant un drapeau :aussi la défaite de Médina del Rio Seco ne tarda point à être vengée. Lapremière nouvelle que le roi Joseph reçut de l’armée française depuisson arrivée à Madrid, fut celle de l’infâme capitulation d’Andujar ,petite ville illustrée depuis par un décret dont l’Espagne , honteusementretombée sous le joug, n’a plus le droit de demander l’exécution à laFrance .

Le général Dupont, ayant sous ses ordres les généraux Vedel etGobert, avait, vers la fin de juin, placé l’un de ces officiers à Baylen,l’autre à Caroline ; lui-même,. avec sa première division, la divisionBarbou, il occupait Andujar sur le Guadalquivir , où il avait fait con-struire une tête de pont, ainsi qu’àMenjibar, sur la route de Jaen àBaylen . Le général Dupont était placé de manière à se trouver à l’abride tout événement, puisque, dans le cas d’une attaque par un adver-saire trop supérieur en nombre, un jour lui suffisait pour mettre lesdéfilés de la Sierra-Morena entre lui et les assaillants. D’ailleurs il avaitreçu du duc de Rovigo l’ordre impératif de se reployer sur Madrid parcette même route, et l’expresse défense de s’engager avec l’ennemi,même daus l’espoir d’un succès. La division Gobert n’avait été envoyée