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Tome second.
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50 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1808.

cette affreuse nouvelle. « Des généraux français , s’écria-t-il, n’aimentpas mieux mourir que de signer que l’armée restituera les vases sacrésqu’elle a volés! Je voudrais effacer cette honte de tout mon sang. » Sapudeur toute française ne souffrit pas que la capitulation d’Andujar fûtimprimée dans aucune feuille publique. Si cependant Napoléon l’eûtpermis, l’armée aurait dans le temps défendu la cause de' l’honneurfrançais , en rejetant le crime sur les vrais coupables; car les soldats,irrités de se voir soumis à l’inspection de leurs havresacs, désignèrent auxEspagnols les fourgons qui recélaient les vols dont ils subissaient l’af-front, et l’infamie seule resta aux spoliateurs. Napoléon ordonna uneenquête : l’histoire a prononcé le jugement.

L’affaire d’Andujar fut jugée par l’indignation de la France et parl’exaltation de l’Espagne ; elle porta l’atteinte la plus grave à la causede Napoléon ; elle enflamma le parti de l’insurrection et lui rallia lesdissidents nombreux qui, sans ce désastre, allaient se réunir autour dutrône de Joseph. Le contre-coup de cette commotion morale, qui ébranlasoudain toute l’Espagne , retentit aussitôt dans les cabinets, et alla àhuit cent lieues de Baylen éveiller les quinze mille soldats de la Romana.La conjuration espagnole a désormais un camp sur les bords de la Bal-tique, au milieu de l’armée de Bernadotte . La Bomana forme le géné-reux projet d’aller avec ses troupes secourir sa patrie. Il trompe Ber-nadotte, que l’Empereur lui-même a engagé à surveiller les Espagnols ,et parvient, le 10 août, à s’embarquer sur des vaisseaux anglais avecla moitié de son corps. Jamais événement n’acquit plus rapidement uneplus grande importance. Castanos , qui reçut la capitulation de Dupont,fut loin de se douter lui-mcme de l’immense service qu’il venait derendre à sa cause. Cette capitulation portait que les troupes sous lesordres de Dupont, déclarées prisonnières de guerre, seraient embar-quées, à San-Lucar ou à Rota, sur des vaisseaux espagnols qui lestransporteraient à Rochefort. Elle stipulait aussi malheureusement queles généraux conserveraient chacun une voiture et un fourgon, sansêtre soumis à aucun examen. Cette clause, comme on l’a vu, fut anéantiepar les soldats des deux armées. Mais, soulevée tout à coup révolution-nairement par l’enthousiasme général, la junte suprême de Séville osevioler le droit des gens au nom du droit de la nation. Elle rejette laconvention que Castanos avait signée, et, donnant elle-même à la lutteespagnole l’affreux signal du mépris des traités, elle arrête que l’armée