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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1808.de Dupont, forte de vingt-six mille hommes, officiers et soldats, aulieu d’être conduite à Roehefort, restera renfermée dans les pontons deCadix , cachots pestilentiels sortis des ports de la philanthropique An-gleterre! Le décret de la junte produit par son iniquité elle-même l’effetd’une réaction convulsive sur le peuple espagnol ; le mot exterminationdevient le cri de guerre. Le fanatisme sanguinaire de 1793 plane surles armées et les habitants de la Péninsule. La capitulation de Baylenavait dissipé le prestige, si important à entretenir, de l’invincibilitéfrançaise, et enlevé à notre armée le tiers de sa force : méconnue parla junte, elle fait du trône de Joseph une simple position militaire quidoit être constamment assiégée et à la fin tomber sous l’opiniâtretéd’une guerre à outrance. Huit jours après son arrivée à Madrid , le1 er août, Joseph se voit contraint d’aller se réfugier à "Vittoria. L’arméefrançaise rentre dans des quartiers de rafraîchissement, qui la mettentà l’abri du climat brûlant des plaines de la Nouvelle-Castille, et de l’em-brasement subit de la population. Le général Duhesme retourne aussià Barcelone pour réunir sou corps et contenir cette grande ville, dontil occupe tous les forts. La royauté de Joseph se trouve déjà circon-scrite dans un camp retranché.
Le 31 juillet est une grande époque, celle du débarquement d’unearmée anglaise sous les ordres de sir Arthur Wellesley , depuis lordWellington, qui prend terre à Leyria, à trente lieues au nord de Lis bonne , et unit ses drapeaux à ceux de l’armée portugaise. Le généralanglais , à la tète de vingt-six mille hommes des deux nations, marchesur Yimeira, où l’intrépide Junot, avec dix mille hommes seulement,accepte la bataille le 22 août. Junot fut battu , et obligé de se reployersur Lisbonne devant des troupes trop supérieures en nombre, après cinqheures de combat. Les pertes des deux armées sont égales, si les forcesne le sont pas. Junot, en dépit de cette valeur si connue dont il multi-pba les efforts dans cette circonstance, n’avait pu contraindre les An glais à se rembarquer, ni s’emparer de leur position ; mais, malgré cetéchec, la journée de Vimeira tourna encore à la gloire du général fran çais . Son attitude parut si imposante, même après ce revers, qu’elleamena un armistice. Le 30 août, Junot, dont les divers corps en Por tugal n’excèdent pas vingt mille hommes, obtient du général anglais ,qui compte sous ses drapeaux trente mille combattants et toute l’insur-rection , la belle capitulation de Cintra. En vertu de ce traité, notre
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