52 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4808.
armée doit évacuer le Portugal ; des vaisseaux anglais la transporteronten France , avec toute son artillerie, ses caissons et ses bagages. L’ar-mée n’est point prisonnière ; à sa rentrée sur le sol natal, elle peut re-prendre sa place de bataille. Cette capitulation, loin d’effacer la hontede celle de Baylen, la fait ressortir davantage. En Portugal , une juntene détruisit pas non plus le pacte de la guerre , et la convention deCintra est religieusement observée par l’ennemi. Le général français semontra dans la négociation tel que sur le champ de bataille. Il méritait,il emporta l’estime et le respect de son adversaire. Junot et ses soldatsquittent le Portugal comme après une victoire, mais les Anglais sontrestés dans ce pays ; et l’Espagne , où l’armée de Joseph n’a plus queBarcelone, la Navarre, la Biscaye et l’Alava , applaudit au succès deces nouveaux hôtes armés, que, trois mois auparavant, elle jurait d’ex-terminer sous les aigles de Napoléon. Jamais vicissitude plus contrairene brisa en moins de temps la destinée de deux nations. Dès ce jourpâlit l’astre de Napoléon : un fusil espagnol croisé avec un fusil anglais devient le contre-poids de tant de prospérité.