CHAPITRE III.
1808.
Révolution à Constantinople . — Convention de Paris entre la France et la Prusse. —Entrevue d’Erfurt . — Entrée des Anglais en Espagne . — Napoléon à Madrid . — Deuxièmeexpédition en Portugal . — Départ de Napoléon pour Paris .
Le 29 mai 1807, Sélim III , assis depuis dix-sept ans sur le trôneottoman , avait été soudainement déposé par les janissaires, et reléguédans l’intérieur du sérail. Son neveu, Mustapha IV, fut aussitôt pro-clamé empereur par cette milice, alors indomptable. Mais son vizirBarayctar, qui avait conçu avec lui l’audacieux projet d’affranchir lessultans de l’antique tyrannie de ces esclaves toujours menaçants, con-servait à son maître malheureux une fidélité digne des plus beaux ca-ractères , et il nourrissait dans son pachalick de Eudshuck le hardidessein de rendre le sceptre à Sélim. Barayctar commandait les forcesottomanes sur le Danube . Dans les premiers jours de juillet 1808, unepartie de son armée s’ébranla , et arriva à Andrinople , où il força legrand vizir, avec lequel il était brouillé, de le suivre à Constantinople .Dès qu’il vit son camp assis sous les murs de la capitale, Barayctarpublia qu’il n’était venu que pour rendre hommage à Mustapha, quil’accueillit avec distinction. Bientôt le commandant des forteresses duBosphore, qui avait puissamment contribué à la chute de Sélim, futattaqué par des inconnus et mis à mort ; l’aga des janissaires fut dé-posé , ainsi que le muphti, qui tenait sous le joug le nouveau souverain.Tous les ulémas du parti du muphti eurent le même sort. Mustapha,reconnaissant des services de Barayctar, lui témoigna la plus grandeconfiance. Le pacha jugea alors le moment favorable pour exécuter son