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Tome second.
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54 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1808.

projet. Le 28 juillet, il entre dans Constantinople à la tète de huit millehommes ; il convoque le muphti, les ule'mas , les ministres, prononce ladéche'ance de Mustapha et lui redemande le sultan Sélim. Mustapharésiste ; Barayctar marche sur le sérail avec ses troupes. Le sérail seferme : mais bientôt il s’ouvre, et Sélim égorgé est livré à son généreuxdéfenseur. Barayctar couvre de larmes le corps de son maître, dont ila causé la mort ; il dépose Mustapha, proclame empereur Mahmoud,cousin de Sélim, exile le grand vizir, refuse de lui succéder, fait tran-cher la tête aux partisans de Mustapha, confirme les ministres dansleurs places, et règne au sein de Constantinople par la puissance queson génie lui donne sur le peuple et sur l’armée. Un mois après , nommégrand vizir, il s’attache cà poursuivre la réforme des janissaires , aux-quels il substitue le corps des seymens, et Barayctar gouverne ensuiteavec une habileté et une fermeté jusqu’alors inconnues dans l’empiredes sultans. Cependant il n’a pu détruire encore les nombreux corps dejanissaires réunis à Constantinople ou campés aux portes de la capitale.Impatients de la discipline sévère qu’on leur impose, jaloux de la pré-férence que les seymens ont obtenue sur eux, les janissaires de la villeet du camp, liés par une sourde conspiration, éclatent tout à coup le14 septembre , attaquent les seymens, en font un affreux carnage, etescaladent les murs du sérail. Le grand vizir voit le triomphe de sesennemis et sa perte ; il ne veut pas tomber vivant entre leurs mains. Ilordonne la mort de Mustapha, et, mettant le feu lui-même à un amasde poudre caché à dessein dans son palais , il se fait sauter. Cet épisodede l’année 1808 offrit alors peu d’intérêt, parce qu’à cette époque l’Eu-rope était loin d’avoir, comme aujourd’hui, les yeux fixés sur la Tur-quie . Mais la catastrophe de Sélim et de son ministre, tous deux, par lecaractère et la capacité, bien supérieurs à leur nation, doit vivementaffecter la pensée, maintenant que la proscription des janissaires a placéConstantinople dans la même position qu’avant la mort de Sélim et deBarayctar.

En répondant, le 14 avril, au prince des Asturies, Napoléon disaitque les affaires du Nord avaient retardé son voyage. Les affaires duNord, celles de la Prusse, et même celles de Paris , où s’était formérécemment le comité de trahison qui consomma , six ans plus tard, laruine du grand homme, le rappelaient dans sa capitale. Les deux em-pereurs , en se séparant à Tüsitt, avaient promis de se revoir avant la