HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1S08. 55
fin de Tannée suivante. Cette entrevue avait acquis plus d’importancedepuis les événements d’Espagne , et depuis le débarquement d’unearmée anglaise dans la Péninsule. La Russie venait de recevoir elle-même le contre-coup de cette invasion. L’amiral russe Siniavin avaitété ou paraissait avoir été contraint de livrer à l’amiral Cotton la flottequ’il commandait dans le Tage, pour être gardée comme un dépôt enAngleterre jusqu’à la paix des deux états : mais la politique demandaitsurtout que Napoléon et Alexandre s’entendissent sur la situation del’Allemagne . Le sort de la faible Prusse était fixé depuis Tilsitt ; quel-ques différends restaient seulement à régler : un traité , signé par leprince Guillaume et M. de Champagny, les termina. On stipula la ré-duction de l’armée prussienne à quarante mille hommes pendant dixans ; les places de Glogau , Stettin et Kustrin devaient être occupéeschacune par une garnison de dix mille Français , que la Prusse solde-rait jusqu’à parfait payement des contributions de guerre, dont lesarrérages, arrêtés entre les parties, montaient à 140,000,000 ; on con-vint en outre que sept routes militaires traverseraient la Prusse. Il n’yavait donc plus rien à décider au sujet de cette puissance , entièrementplacée sous la suzeraineté de la France , en exécution du traité de 1807.Mais, depuis la paix de Tilsitt, on avait remarqué en Autriche l’insti-tution de plusieurs commissions que présidait l’archiduc Jean, relativesà la création de diverses réserves nationales, à l’établissement d’un sys-tème de défense soit centrale, soit frontière ; enfin à l’organisation demoyens jusqu’alors inusités, et mis en action par les voyages des ar-chiducs dans toutes les provinces de l’empire. On distinguait parmi cesmoyens des plans d’invasion par les armées, d’insurrection par desémissaires, de défense par des corps de partisans, de dévastation dansles retraites. Au mois de juin 1808, l’Autriche était sortie tout à coupde sa routine militaire, en introduisant aussi chez elle la conscriptionet la garde nationale. Les landwehrs avaient été réorganisées, leslandsthurms ou levées en masse venaient d’être ordonnées. On savaitque l’armée de ligne autrichienne serait portée à quatre cent millehommes, ses landwehrs d’Allemagne à trois cent mille, et que soixantemille hommes devaient être formés en bataillons de réserve ; que ladiète de Hongrie donnait pour 1807 douze mille hommes de recrue, etquatre-vingt mille pour 1808, avec une insurrection permanente dequatre-vingt mille hommes, dont trente mille de cavalerie : enfin tout