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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1812.genstein sur la Bérésina, et précisément au gué cle Stoudziancka. Heu-reusement le général russe ne se pressait pas de se réunir à l’amiral ; nousavions d’ailleurs trop démarchés d’avance sur Kutusoff; mais Tchitcha-goff se trouvait devant nous avec ses troupes. Si la Bérésina eût étéglacée, nous la passions sans obstacle, et l’amiral russe, encore seul, auraitéprouvé des revers; certes il n’eùt pas résisté aux vainqueurs de Milo-radowitch et de Kutusoff lui-même à la tête de son armée. Un dégelde deux jours a rompu les glaces : on se voit dans la nécessité de jeterdes ponts sur une large rivière qui charrie et menace de renversertous les ouvrages à mesure qu’on essayera de les affermir. Les travauxont été rapidement entrepris, mais il a fallu les recommencer. Napoléon va lui-même inspecter et exhorter les ouvriers ; ses regards et ses en-couragements redoublent leur ardeur. Tchitcliagoff, trompé par desdémonstrations habilement conçues, et en outre préoccupé de quelquesmouvements tardifs de Schvvartzemherg, qui ne peut plus influer main-tenant sur le sort de la campagne si près d’être décidée, a pris lechange sur nos véritables dispositions ; et, descendant la Bérésina aumoment où nous la remontions, il a emmené avec lui ses forces très-loin, au-dessous de Stoudziancka. L’Empereur a vu avec une indiciblejoie les dernières files des colonnes ennemies s’éloigner et disparaître.H faut profiter de cette faveur inespérée de la fortune. Le 26 au matin,un escadron de la brigade Corbineau, auquel le premier officier d’or-donnance de l’Empereur, le colonel Gourgaud , avait montré le chemin,traverse la rivière à la nage, chaque cavaber portant un fantassin encroupe : en attendant l’achèvement des ponts, la division Dombrowskipasse sur trois radeaux. La rive gauche est à nous ; les Cosaques s’en-fuient, chassés par nos troupes et par l’aspect des batteries établies surles hauteurs de Stoudziancka. A une heure de l’après-midi, le corps duduc de Beggio défile sur le pont supérieur avec deux pièces de canonseulement, et occupe le débouché des bois qui mènent à Borisow. Unpeu moins de rapidité dans ce mouvement, il n’était plus temps ; legénéral Tschaplitz, ramené en toute hâte par l’avis de ses Cosaques,nous prévenait. A quatre heures du soir, le génie livre le deuxièmepont aux voitures. L’artillerie du duc de Beggio se hâte de rejoindre cemaréchal aux prises avec l’ennemi, qu’il pousse sur Borisow. Deuxcent cinquante bouches à feu et leurs caissons roulent sur le pont; leschevalets s’enfoncent sous le poids d’une charge si énorme : la présence