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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814.clairement dans les propositions des alliés , lorsqu’il disait à ses pléni-potentiaires qu’elles n’étaient qu’un masque. Et sans doute, après lesdémarches officielles qu’il avait fait résulter de la note confidentielle deM. de Saint-Aignan , il n’était point permis d’accuser l’Empereur de nepas vouloir mettre un terme à la guerre, quand, d’ailleurs, il ne comp-tait plus qu’une petite armée de cinquante mille hommes pour défendrela France assiégée par un million de soldats. La paix n’était pas seule-ment un devoir pour lui ; elle était une nécessité, une loi de la fortune,et d’une fortune propice, si la conduite des alliés s’accordait avec leursdéclarations.

Ce même mois de janvier devait encore être fatal à l’honneur dudiadème. Un souverain à qui la France donnait depuis vingt ans le titrede son premier soldat, que Bonaparte , en reconnaissance de cette valeurdevenue historique pour la nation , avait uni à sa famille et doté d’unedes plus belles couronnes de l’Europe ', le roi Joachim oublie tout à coupqu’il n’est rien sans la France et sans Napoléon. Il imite Bernadotte ,dont toutefois la conduite politique est bien différente , et il court seplacer à la suite des intérêts et des défections des anciennes dynasties.Le 6 de ce mois , il a signé un armistice avec l’Angleterre ; le 11 , untraité d’alliance offensif et défensif avec l’Autriche : en vertu de ce traité,trente mille Napolitains doivent marcher contre la France . Ces étrangesconventions , conseillées par les passions privées, par les haines impla-cables des obscurs amis de Murat, entraînent la perte de l’Italie , etvont devenir une des principales causes de la chute de l’empire français.Elles ferment au vice-roi la route de Vienne , qu’une bataille combinéeavec le roi de Naples lui aurait infailliblement ouverte.

La France semble marquée de la même fatalité au dedans qu’audehors, au commencement de cette année. Dans le courant de janvier,le Fort-Louis, Montbelliard, Haguenau , le Fort-l’Écluse, Saint-Claude,Cologne, Trêves, Yesoul, Épinal, Forbach, Bourg-en-Bresse, Nancy ,le fort de Joux, Langres, Dijon, Toul, Chambéry, Châlons-sur-Saône ,Bar-sur-Aube , sont occupés par l’ennemi. Avant la fin de janvier, laFrance est saisie au nord, à l’est, au sud ; elle n’a plus de frontière oùelle a un voisin : la mer, sous le joug de la marine britannique, com-plète le blocus continental qui nous enveloppe de toutes parts. Cepen-dant Napoléon , oubliant la résistance qu’il vient d’éprouver dans lecorps législatif, a appelé aux armes toute la population virile des Yos-