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Tome second.
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426 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1815.

devra dévorer les états du deuxième ordre de l’Allemagne . Les insen-sés! un moment de prospérité les aveugle; l’oppression et l’humiliationdu peuple français sont hors de leur pouvoir. S’ils entrent en France ,ils y trouveront leur tombeau. Soldats, nous avons des marches forcéesà faire, des batailles à livrer, des périls à courir; mais, avec de la con-stance, la victoire sera à nous. Les droits, l’honneur et le bonheur dela patrie seront reconquis ; pour tout Français qui a du cœur, le mo-ment est arrivé de vaincre ou de périr. »

Tout avait réussi au gré de notre attente : le 14 au soir une sécuritéparfaite régnait à Bruxelles, à Charleroy et à Namur. Blücher allait êtresurpris; mais le général Bourmont, commandant la troisième divisiondu 4 e corps, et employé sur les vives instances du général Gérard, quidirigeait ce corps, et sous la garantie de l’infortuné Labédoyère , désertaavec le colonel du génie Clouet et le chef d’escadron Villoutrey, écuyerde l’Empereur, et passa à l’ennemi. Blücher profita des renseignementsimportants qu’il reçut de Bourmont, pour se rapprocher de l’arméeanglaise. Napoléon , de son côté, prévoyant les changements que devaitproduire une révélation aussi funeste, et connaissant le caractère entre-prenant de Blücher , prit de nouvelles dispositions d’après celles qu’ilattendait de son adversaire : le 15, à la pointe du jour, l’armée française se prépara à passer la Sambre sur trois ponts, avant midi. L’avant-garde du 2 e corps, formé par la division du prince Jérôme, culbuta lesPrussiens près de Thuin . Vers dix heures et demie du matin, l’Empe-reur, à la tête de sa garde, et précédé de la cavalerie du général Pajolet des sapeurs des marins de la garde, entre à Charleroy , abandonnépar les Prussiens en retraite sur Gilly. La Sambre était franchie, tous lescorps réunis. Le maréchal Ney arriva de Paris . L’Empereur lui donna lecommandement de l’aile gauche, forte de trente-huit mille hommes avecquatre-vingt-seize pièces de canon. Elle était composée des 1 er et 2 e corps,l’un sous le général Reille, et de deux corps de cavalerie, qui le lende-main furent remplacés par les cuirassiers du comte de Yalmy. Le maré-chal eut ordre de se rendre maître des Quatre-Bras, à cinq lieues envi-ron en avant de Charleroy . Pénétrant les mouvements stratégiques deWellington et de Blücher, Napoléon avait senti l’extrême importance duposte des Quatre-Bras, point de jonction naturel et nécessaire de l’arméeanglaise avec l’armée prussienne, établie à Fleurus, à Bry, à Saint -