432 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
court, lorsque vers une heure le maréchal Ney engagea l’action. Legénéral Bachelu renversa Bylandt, et prit Germioncourt. Le généralToi s’empara de Pernimont, et entre eux le général Piré avec la ca-valerie complétait la ligne de cette attaque victorieuse. Ils allaient enfinse rendre maîtres des Quatre-Bras, quand tout à coup la division an-glaise de Picton, forte de dix mille hommes environ, déboucha de Ge-nappes. La supériorité du nombre appartenait encore au maréchal;mais une demi-heure après , le duc de Brunswick parut suivi de qua-torze mille hommes, et successivement jusqu’à cinq heures les divisionsÀlten et Cooke portèrent à quarante-six mille combattants les défen-seurs de ce poste des Quatre-Bras, qui, pendant quinze heures , avaitété gardé par moins de quatre mille hommes. Ce fut alors que le ma-réchal , se sentant trop faible avec vingt et un mille pour soutenir unpareil choc, envoya au général d’Erlon, par le général Delcambre , chefd’état-major du l or corps, l’ordre impératif, et sous sa responsabilité per-sonnelle, de se porter vers lui en toute hâte avec son corps, dont la di-vision Durutte était déjà engagée. Il n’était plus temps d’espérer ce se-cours ; mais il fallait à tout prix résister à l’armée anglaise , que Wel-lington , arrivé de la bataille de Ligny, conduisait en personne.
Le maréchal Ney vit tout le péril, et se retrouva dans son élément.Les charges de sa cavalerie, le feu continu de ses batteries, la mort duduc de Brunswick, tombant dans la mêlée, le général Picton, blesséau milieu de sa division enfoncée, plusieurs régiments écossais détruits,tout promettait à l’Achille français d’enlever encore le palladium de labataille, et de conquérir enfin le village des Quatre-Bras. Mais Welling-ton jette soudain en avant de nouvelles troupes, dont la masse chassanos braves du bois de Bossu, de Pernimont et de Germioncourt. Cefut au plus fort de cette terrible mêlée, que Forbin-Janson apportal’ordre si impérieux du mouvement sur Bry et Saint-Amand. Napoléonau milieu de sa victoire était loin de penser que Ney défendait avecvingt mille hommes contre près de cinquante mille les pénates de l’ar-mée qu’il allait vaincre à Ligny ; cependant, rempli du sentiment de cegrand devoir, le maréchal déployait une constance égale à son ardeur :il parvint jusqu’à la nuit à contenir par une défense héroïque les ter-ribles assauts de l’armée anglaise. Wellington perdit cinq mille hommes,Ney quatre mille : la journée du 16 nous coûta dix mille hommes surles deux champs de bataille. Le corps de Bulow allait réparer les pertes