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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . - 1815.la France lors du traité d’Amiens , et pour lui lors du traité de Fon-tainebleau. A ces deux époques qui forment comme le cadre du tableaude son règne, il laissa les parties contractantes en dehors des engage-ments stipulés. Jusqu’au dernier moment, Napoléon voulut resterfidèle à son grand sacrifice. Le 25 juin, il demanda deux frégates pourle transporter hors de France ; et aussitôt, se décidant à quitter lepalais de l’Élysée , trop petit quelques jours auparavant pour contenirla foule empressée des ambitieux et des courtisans, et maintenantdéserté par tous ces esclaves de la fortune, il résolut d’attendre laréponse du gouvernement provisoire à la Malmaison, devenue la pre-mière station de l’exil.

L’Empereur, descendu deux fois du trône que peut-être il pouvaitconserver avec l’appui de la France , a revu l’habitation du premierconsul; il y est reçu par la princesse Hortcnse. Quelle véritable gran-deur lui retrace ce charmant séjour, et quel bonheur la fille de José-phine, aussi aimable que sa mère, et, douée d’une force d’àme qu’onne lui connaissait pas avant une si cruelle épreuve! Les images dugrand Frédéric , éparses dans les appartements , les portraits de Fran-çois Il et d’Alexandre, les marbres, les tableaux, tout dans la Mal-maison rappelle à Napoléon sa gloire militaire, tout l’entretient de l’ar-mée qui a fait tant de prodiges avec lui. De quel lieu peut-il lui faire deplus touchants, de plus nobles adieux, que de la retraite où si souventil a trouvé la pensée et le repos de ses victoires? Aussi adressa-1-il àses anciens compagnons d’armes cette belle et dernière proclamationqui avait pour titre :

Napoléon aux braves soldats de l’armée devant Paris .

« Soldats,

« Quand je cède à la nécessité qui me force de m’éloigner de la bravearmée française , j’emporte avec moi l’heureuse certitude qu’elle justi-fiera, par les services éminents que la patrie attend d’elle, les éloges quenos ennemis eux-mêmes ne peuvent pas lui refuser. Soldats , je suivraivos pas , quoique absent. Je connais tous les corps , et aucun d’eux neremportera aucun avantage signalé, que je ne rende justice au cou-rage qu’il aura déployé. Vous et moi, nous avons été calomniés. Des