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Tome second.
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486 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1815-1321.sans raison surtout qu’on m’a reproché d’avoir employé des nobles etdes émigrés.... Ce ne sont point les nobles et les émigrés qui ont amenéla restauration, mais bien plutôt la restauration qui a ressuscité lesnobles et les émigrés.... Les vrais coupables sont les intrigants detoutes les couleurs et de toutes les doctrines. Fouché n’est point unnoble; Talleyrand n’est pas un émigré, Augereau et Marmont n’étaientni l’un ni l’autre.... Le bon M. de Ségur, malgré son âge, m’a fait of-frir de me suivre.... Ce n’est rien de tout cela qui m’a renversé ; maisseulement des catastrophes imprévues, inouïes , des circonstances for-cées , cinq cent mille hommes aux portes de la capitale , une révolu-tion encore toute fraîche, une crise trop forte pour les tètes françaises,et surtout une dynastie pas assez ancienne. Je me serais relevé du pieddes Pyrénées même, si seulement j’eusse été mon petit-fils; et, ceque c’est pourtant que la magie du passé, bien certainement j’étaisl’élu des Français . Leur nouveau culte était leur ouvrage. Eh bien, dèsque les anciens ont reparu, voyez avec quelle facilité ils sont retournésaux idoles ! Et comment une autre politique, après tout, eût-elle puempêcher ce qui m’a perdu? J’ai été trahi par Marmont, que je pou-vais dire mon fils , mon enfant, mon ouvrage, lui auquel je confiaismes destinées en l’envoyant à Paris , au moment même où il consom-mait sa trahison et ma perte! J’ai été trahi par Murat, que de soldatj’avais fait roi, qui était l’époux de ma sœur. J’ai été trahi par Ber-tlner , véritable oison que j’avais l'ait une espèce d’aigle. J’ai été trahidans le sénat précisément par ceux du parti national qui me doiventtout.... Si un Macdonald, un Yalence, un Montesquiou m’eussenttrahi !... mais iis m’ont été fidèles. Que si l’on m’objectait la bêtise deMurat, je répondrais par l’esprit de Marmont.... «

« Saint-Jean-d’Acre enlevé, disait-il un autre jour, l’armée françaisevolait à Damas et à Alep. Elle eût été en un clin d’œil sur l’Euphrate :les chrétiens de la Syrie, les Druses, les chrétiens de l’Arménie se fus-sent joints à elle : les populations allaient être ébranlées.... J’aurais at-teint Constantinople et les Indes : j’eusse changé la face du monde. »Une seule circonstance, peu importante au premier aspect, a in-terrompu ces grandes destinées; en effet, une connivence coupable,et achetée au poids de l’or, ayant fait sortir du Temple sir Siclney Smith,qui passait pour avoir voulu incendier la flotte de Brest , et Phélipeaux,ancien camarade de Napoléon à l’École militaire, ces deux hommes par-

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