CHAPITRE PREMIER.
FORMATION JURASSIQUE DES ILES BRITANNIQUES.
Par suite des travaux de W. Smith, et de l'impulsion qu’ils im-primèrent à l’étude du terrain secondaire de l’Angleterre, et plusparticulièrement à celle de la formation jurassique, cette dernièrese trouva être la portion du sol britannique la mieux connue. L’excel-lent ouvrage de MM. Conybeare et Phillips est venu compléter lesrecherches de leur prédécesseur; il les a reliées et coordonnées en yajoutant des détails pleins d’intérêt et des vues d’ensemble qui leferont rester dans la science comme un modèle de clarté et de cettesimplicité large et profonde à la fois qui caractérise les écrivainssupérieurs. Aussi pendant le laps de temps dont nous avons entreprisde retracer les progrès de la géologie et même en remontant jusqu’à1822 , ne s’est-il publié que des observations de détail qui n’ontapporté aucun changement essentiel à ce qu’on avait déduit des pré-cédentes. L’énumération pure et simple de ces faits isolés seraitdonc assez stérile et pourrait même être imparfaitement comprise ;c’est pourquoi nous nous proposons de reprendre dans ce chapitre lesrecherches antérieures et d’exposer l’ensemble des connaissances ac-quises sur cette partie de la géologiede la Grande-Bretagne, ensemblequi nous servira de base et de terme de comparaison pour la suite.
Ce qui nous a aussi encouragé dans cette voie, c’est que, comme onle verra plus loin, beaucoup de géologues du continent, en voulantprendre des exemples dans la série jurassique d’Angleterre,ont commis d’assez graves erreurs et prouvé qu’ils la connaissaientmal.
Les dépôts jurassiques des îles Britanniques , considérés comme Dispositionun tout, affectent une distribution particulière qui ne paraît pas s enerale>encore avoir été signalée. On les trouve en effet placés suivant deuxlignes dirigées N.-N.-E., S.-S.-O. La première, située au nord-ouest, n’est indiquée que par de petits lambeaux fort espacés, qui lajalonnent pour ainsi dire comme des témoins de distance en distance,