Band 
Tome premier.
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l8 MEMOIRES DE NAPOLÉON .

mes, chassa le général Laborde, et commençaà élever le fort Murgrave. Pendant les huit pre-miers jours, le commandant d’artillerie n’avaitcessé de demander que l’on renforçât Labordeafin qu’il pût chasser les ennemis de ce point. Iln’avait pu 1 obtenir. Cartaux ne se croyait pasassez fort pour s’étendre sur sa droite, ou plutôtn’en comprenait pas l’importance. À la fin d’oc-tobre , les choses étaient bien changées. On nepouvait plus penser à brusquer l’attaque decette position; il fallait établir de bonnes bat-teries de canons et de mortiers, raser les ou-vrages et faire taire l’artillerie de ce fort. Toutesces idées furent adoptées par le conseil; l’ar-tillerie eut ordre de faire toutes les dispositionspour les détails de son arme ; elle y travaillasans retard et avec la plus grande activité.

Cependant Napoléon se trouvait journelle-ment contrarié par l’ignorance de l’état-majorqui voulait sans cesse le distraire du plan arrêtéau conseil, pour employer ses canons dansune direction opposée, soit pour battre sans butdes forts, soit pour essayer de jeter quelquesprojectiles dans la ville et brûler quelques mai-sons. Un jour le général en chef le conduisitsur une hauteur entre le fort Malbosquet et lesforts Rouge et Blanc, et lui proposa d’y établirune batterie qui les battrait à la fois. Il essaya