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MEMOIRES DE NAPOLEON.
sieurs fois démontées, avaient été autant defois remplacées ; les palissades, les épaulementsavaient été désorganisés : la grande quantitéde bombes qui tombait dans la redoute, avaitobligé la garnison à en sortir et à prendre po-sition en arrière. Le général en chef ordonnade marcher à la redoute, à une heure du ma-tin; il espérait y arriver avant que la garnison,avertie de l’attaque, eût le temps d’y entrer,ou du moins en même temps qu’elle. Toute lajournée du 16, la pluie tomba par torrents,ce qui contraria divers mouvements des colon-nes. Dugommier, augurant mal de ces contra-riétés, voulait remettre l’attaque au lendemain;mais pressé d’un côté par les représentants, quiformaient un comité et se montraient animesde toute l’impatience révolutionnaire, et del’autre par lés conseils de Napoléon qui jugeaque le mauvais temps n’était pas une circon-stance défavorable, il continua ses dispositions :à minuit, tout étant réuni au village delà Seine ,il forma quatre colonnes : deux, faibles, prirentposition sur les flancs du promontoire, pourobserver les deux redoutes de Balaguier et del’Éguillette ; la troisième, composée de troupesd’élite, commandée par Laborde, marcha droitau Petit-Gibraltar; la quatrième resta en ré-serve. Dugommier se mit à la tête de l’attaque,