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8 O MÉMOIRES 1)E NAPOLÉON.
d’en tirer vengeance, de débarquer à l’embou-chure du Tibre, de s’emparer de Rome , où onavait de nombreux partisans. Un conseil deguerre fut réuni à Toulon dans le courant defévrier 1795, pour aviser aux moyens d’exé-cution du projet. Napoléon fut d’opinion quecette expédition compromettrait l’armée d’Italieet se terminerait elle-même par un désastre ;que si cependant on la voulait entreprendre, ilfallait en même temps surprendre le mont Ar-gentare, Orbitello, et la place deCivita-Vecchia,et y débarquer l’armée; mais 10,000 hommeslui paraissaient une force trop faible pour ten-ter un pareil coup de main : il était d’ailleursimpossible de le faire sans cavalerie ; il fallait aumoins embarquer i, 5 oo chevaux de chasseursou de hussards, ce qui, avec 5 oO chevaux d’ar-tillerie et d’état-major, formerait une augmen-tation considérable au convoi. L’armée, à peinedébarquée, aurait à combattre 25 ou 3 o,oooNapolitains, dont 5 ,000 de bonne cavalerie ;elle aurait aussi à craindre une division autri-chienne qui accourrait de la Lombardie ; ellene pouvait pas compter sur des partisans àRome , puisque cette opération ne pourrait pasêtre de longue durée, et qu’après avoir vengé lesang de Basseville et mis la ville à contribution,il faudrait songer à se rembarquer; que, mai-