TREIZE VENDÉMIAIRE. III
Roch, le Théâtre-Français et l’hôtel de Noailles,étaient occupés en force par les gardes na-tionales. Les postes conventionnels n’en étaientséparés que de douze à quinze pas. Les section-naires envoyaient des femmes pour corrompreles soldats; les chefs mêmes se présentèrentplusieurs fois sans armes et les chapeaux enl’air, pour fraterniser, disaient-ils!
§ V.
Les affaires empiraient d’une manière étrange;Danicari, général des sections, envoya un par-lementaire sommer la convention d’éloigner lestroupes qui menaçaient le peuple et de désarmerles terroristes 1 . Ce parlementaire traversa, à troisheures après midi, les postes, les yeux bandés,avec toutes les formes de la guerre ; il fut intro-duit ainsi au milieu du comité des quarantequ’il émut beaucoup par ses menaces ; mais iln’obtint rien. La nuit approchait, les section-nâmes en auraient profité pour se faufiler demaison en maison jusqu’aux Tuileries déjà étroi-tement bloquées : à peu près à la même heure,Napoléon fit apporter dans la salle de la con-vention huit cents fusils , des gibernes et descartouches pour armer les conventionnels eux-memes et les bureaux, comme corps de réserve;